LettreĂ  M. Victor Hugo est une lettre de Xavier Forneret datĂ©e du 14 juin 1851, suivie de l'essai RĂ©flexions sur la peine de mort et du post-scriptum À propos d'une condamnation capitale.. PrĂ©sentation. La lettre est paraphĂ©e « Mimande (S.-et-L.), Ă  la campagne, ce samedi 14 juin 1851 [1] », comme de nombreux textes de Forneret Ă©crits dans sa maison de campagne prĂšs de La solution Ă  ce puzzle est constituéÚ de 8 lettres et commence par la lettre I Les solutions ✅ pour PAS SYMPATHIQUE DU TOUT de mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s. DĂ©couvrez les bonnes rĂ©ponses, synonymes et autres types d'aide pour rĂ©soudre chaque puzzle Voici Les Solutions de Mots CroisĂ©s pour "PAS SYMPATHIQUE DU TOUT" 0 0 Partagez cette question et demandez de l'aide Ă  vos amis! Recommander une rĂ©ponse ? Connaissez-vous la rĂ©ponse? profiter de l'occasion pour donner votre contribution! Similaires
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Le caractĂšre joker est * mais vous pouvez utiliser la "barre d'espace" Annuler Chercher. Dans l’état oĂč sont aujourd’hui toutes ces questions profondes qui touchent aux racines mĂȘmes de la sociĂ©tĂ©, il semblait depuis longtemps Ă  l’auteur de ce drame qu’il pourrait y avoir utilitĂ© et grandeur Ă  dĂ©velopper sur le théùtre quelque chose de pareil Ă  l’idĂ©e que voici. Mettre en prĂ©sence, dans une action toute rĂ©sultante du cƓur, deux graves et douloureuses figures, la femme dans la sociĂ©tĂ©, la femme hors de la sociĂ©tĂ© ; c’est-Ă -dire, en deux types vivants, toutes les femmes, toute la femme. Montrer ces deux femmes, qui rĂ©sument tout en elles, gĂ©nĂ©reuses souvent, malheureuses toujours. DĂ©fendre l’une contre le despotisme, l’autre contre le mĂ©pris. Enseigner Ă  quelles Ă©preuves rĂ©siste la vertu de l’une, Ă  quelles larmes se lave la souillure de l’autre. Rendre la faute Ă  qui est la faute, c’est-Ă -dire Ă  l’homme, qui est fort, et au fait social, qui est absurde. Faire vaincre dans ces deux Ăąmes choisies les ressentiments de la femme par la piĂ©tĂ© de la fille, l’amour d’un amant par l’amour d’une mĂšre, la haine par le dĂ©vouement, la passion par le devoir. En regard de ces deux femmes ainsi faites poser deux hommes, le mari et l’amant, le souverain et le proscrit, et rĂ©sumer en eux par mille dĂ©veloppements secondaires toutes les relations rĂ©guliĂšres et irrĂ©guliĂšres que l’homme peut avoir avec la femme d’une part, et la sociĂ©tĂ© de l’autre. Et puis, au bas de ce groupe qui jouit, qui possĂšde et qui qui souffre, tantĂŽt sombre, tantĂŽt rayonnant, ne pas oublier l’envieux, ce tĂ©moin fatal, qui est toujours lĂ , que la providence aposte au bas de toutes les sociĂ©tĂ©s, de toutes les hiĂ©rarchies, de toutes les prospĂ©ritĂ©s, de toutes les passions humaines ; Ă©ternel ennemi de tout ce qui est en haut ; changeant de forme selon le temps et le lieu, mais au fond toujours le mĂȘme ; espion Ă  Venise, eunuque Ă  Constantinople, pamphlĂ©taire Ă  Paris. Placer donc comme la providence le place, dans l’ombre, grinçant des dents Ă  tous les sourires, ce misĂ©rable intelligent et perdu qui ne peut que nuire, car toutes les portes que son amour trouve fermĂ©es, sa vengeance les trouve ouvertes. Enfin, au-dessus de ces trois hommes, entre ces deux femmes poser comme un lien, comme un symbole, comme un intercesseur, comme un conseiller, le dieu mort sur la croix. Clouer toute cette souffrance humaine au revers du crucifix. Puis, de tout ceci ainsi posĂ©, faire un drame ; pas tout Ă  fait royal, de peur que la possibilitĂ© de l’application ne disparĂ»t dans la grandeur des proportions ; pas tout Ă  fait bourgeois, de peur que la petitesse des personnages ne nuisĂźt Ă  l’ampleur de l’idĂ©e ; mais princier et domestique ; princier, parce qu’il faut que le drame soit grand ; domestique, parce qu’il faut que le drame soit vrai. MĂȘler dans cette Ɠuvre, pour satisfaire ce besoin de l’esprit qui veut toujours sentir le passĂ© dans le prĂ©sent et le prĂ©sent dans le passĂ©, Ă  l’élĂ©ment Ă©ternel l’élĂ©ment humain, Ă  l’élĂ©ment social, un Ă©lĂ©ment historique. Peindre, chemin faisant, Ă  l’occasion de cette idĂ©e, non seulement l’homme et la femme, non seulement ces deux femmes et ces trois hommes, mais tout un siĂšcle, tout un climat, toute une civilisation, tout un peuple. Dresser sur cette pensĂ©e, d’aprĂšs les donnĂ©es spĂ©ciales de l’histoire, une aventure tellement simple et vraie, si bien vivante, si bien palpitante, si bien rĂ©el, qu’aux yeux de la foule elle pĂ»t cacher l’idĂ©e elle-mĂȘme comme la chair cache l’os. VoilĂ  ce que l’auteur de ce drame a tentĂ© de faire. Il n’a qu’un regret, c’est c’est que cette pensĂ©e ne soit pas venue Ă  un meilleur que lui. Aujourd’hui, en prĂ©sence d’un succĂšs dĂ» Ă©videment Ă  cette pensĂ©e et qui a dĂ©passĂ© toutes ses espĂ©rances, il sent le besoin d’expliquer son idĂ©e entiĂšre Ă  cette foule sympathique et Ă©clairĂ©e qui s’amoncelle chaque soir devant son ivre avec une curiositĂ© pleine de responsabilitĂ© pour lui. On ne saurait trop le rĂ©duire, pour quiconque a mĂ©ditĂ© sur les besoins de la sociĂ©tĂ©, auxquels doivent toujours correspondre les tentatives de l’art, aujourd’hui plus que jamais le théùtre est un lieu d’enseignement. Le drame, comme l’auteur de cet ouvrage le voudrait faire, et comme le pourrait faire un homme de gĂ©nie, doit donner Ă  la foule une philosophie, aux idĂ©es une explication dĂ©sintĂ©ressĂ©e, aux Ăąmes altĂ©rĂ©es un breuvage, aux plaies secrĂštes un baume, Ă  chacun un conseil, Ă  tous une loi. Il va sans dire que les conditions de l’art doivent ĂȘtre d’abord et en tout remplies. La curiositĂ©, l’intĂ©rĂȘt, l’amusement, le rire, les larmes, l’observation perpĂ©tuelle de tout ce qui est nature, l’enveloppe merveilleuse du style, le drame doit avoir tout cela, sans quoi il ne serait pas le drame ; mais pour ĂȘtre complet, il faut qu’il ait aussi la volontĂ© d’enseigner, en mĂȘme temps qu’il a la volontĂ© de plaire. Laissez-vous charmer par le drame, mais que caleçon soit dedans, et qu’on puisse toujours l’y retrouver quand on voudra dissĂ©quer cette belle chose vivante, si ravissante, si poĂ©tique, si passionnĂ©e, si magnifiquement vĂȘtue d’or, de soie et de velours. Dans le plus beau drame, il doit toujours y avoir une idĂ©e sĂ©vĂšre, comme dans la plus belle femme il y a un squelette. L’auteur ne se dissimule, comme on voit, aucun des devoirs austĂšres du poĂšte dramatique. Il essaiera peut-ĂȘtre quelque jour, dans un ouvrage spĂ©cial, d’expliquer en dĂ©tail c qu’il a voulu faire dans chacun des divers drames qu’il a donnĂ©s depuis sept ans. En prĂ©sence d’une tĂąche aussi immense que celle du théùtre au dix-neuviĂšme siĂšcle, il sent son insuffisance profonde, mais il n’en persĂ©vĂ©rera pas moins dans l’Ɠuvre qu’il a commencĂ©e. Si peu de chose qu’il soit, comment reculerait-il, encouragĂ© qu’il est par l’adhĂ©sion des esprits d’élite, par l’applaudissement de la foule, par la loyale sympathie de tout ce qu’il y a aujourd’hui dans la critique d’hommes Ă©minents et Ă©coutĂ©s ? Il continuera donc fermement ; et, chaque fois qu’il croira nĂ©cessaire de faire bien voir Ă  tous, dans ses moindres dĂ©tails, une idĂ©e utile, une idĂ©e sociale, une idĂ©e humaine, il posera le théùtre dessus comme un verre grossissant. Au siĂšcle oĂč nous vivons, l’horizon de l’art est bien Ă©largi. Autrefois le poĂšte disait le public ; aujourd’hui le poĂšte dit le peuple. 7 mai 1835. PERSONNAGES ANGELO MALIPIERI, podesta. CATARINA BRAGADINI. LA TISBE. RODOLFO. HOMODEI. ANAFESTO GALEOFA. ORDELAFO. ORFEO. GABOARDO. REGINELLA. DAFNE. Un Page noir. Un Guetteur de nuit. Un Huissier. Le Doyen de Saint-Antoine de Padoue. L’ArchiprĂȘtre. Padoue, 1549. — Francisco Donato Ă©tant doge. ANGELO ACTE PREMIER. LA CLEF. Un jardin illuminĂ© pour une fĂȘte de nuit. À droite, un palais plein de musique et de lumiĂšre, avec une porte sur le jardin et une galerie en arcades au rez-de-chaussĂ©e, oĂč l’on voit circuler les gens de la fĂȘte. Vers la porte, un banc de pierre. À gauche, un autre banc sur lequel on distingue dans l’ombre un homme endormi. Au fond, au-dessus des arbres, la silhouette noire de Padoue au seiziĂšme siĂšcle, sur un ciel clair. Vers la fin de l’acte, le jour paraĂźt. ScĂšne PREMIÈRE. LA TISBE, riche costume de fĂȘte ; ANGELO MALIPIERl, la veste ducale, l’étole d’or ; HOMODEI, endormi, longue robe de laine brune fermĂ©e par devant, Haut-de-chausses rouge, une guitare Ă  cĂŽtĂ© de lui. LA TISBE. Oui, vous ĂȘtes le maĂźtre ici, monseigneur, vous ĂȘtes le magnifique podesta, vous avez droit de vie et de mort, toute puissance, toute libertĂ©. Vous ĂȘtes envoyĂ© de Venise, et partout oĂč l’on vous voit il semble qu’on voit la face et la majestĂ© de cette rĂ©publique. Quand vous passez dans une rue, monseigneur, les fenĂȘtres se ferment, les passants s’esquivent, et tout le dedans des maisons tremble. HĂ©las ! ces pauvres padouans n’ont guĂšre l’attitude plus fiĂšre et plus rassurĂ©e devant vous que s’ils Ă©taient les gens de Constantinople, et vous le Turc. Oui, cela est ainsi. Ah ! j’ai Ă©tĂ© Ă  Brescia. C’est autre chose. Venise n’oserait pas traiter Brescia comme elle traite Padoue. Brescia se dĂ©fendrait. Quand le bras de Venise frappe, Brescia mord, Padoue lĂšche. C’est une honte. Eh bien, quoique vous soyez ici le maĂźtre de tout le monde, et que vous prĂ©tendiez ĂȘtre le mien, Ă©coutez-moi, monseigneur, je vais vous dire la vĂ©ritĂ©, moi. Pas sur les affaires d’état, n’ayez pas peur, mais sur les vĂŽtres. Eh bien, oui, je vous le dis, vous ĂȘtes un homme Ă©trange, je ne comprends rien Ă  vous, vous ĂȘtes amoureux de moi et vous ĂȘtes jaloux de votre femme ! ANGELO Je suis jaloux aussi de vous, madame. LA TISBE. Ah, mon Dieu ! vous n’avez pas besoin de me le dire. Et pourtant vous n’en avez pas le droit, car je ne vous appartiens pas. Je passe ici pour votre maĂźtresse, pour votre toute-puissante maĂźtresse, mais je ne la suis point, vous le savez bien. ANGELO Cette fĂȘte est magnifique, madame. LA TISBE. Ah ! je ne suis qu’une pauvre comĂ©dienne de théùtre, on me permet de donner des fĂȘtes aux sĂ©nateurs, je tĂąche d’amuser notre maĂźtre, mais cela ne me rĂ©ussit guĂšre aujourd’hui. Votre visage est plus sombre que mon masque n’est noir. J’ai beau prodiguer les lampes et les flambeaux, l’ombre reste sur votre front. Ce que je vous donne en musique, vous ne me le rendez pas en gaĂźtĂ©, monseigneur. — Allons, riez donc un peu. ANGELO. Oui, je ris. — Ne m’avez-vous pas dit que c’était votre frĂšre, ce jeune homme qui est arrivĂ© avec vous Ă  Padoue. LA TISBE. Oui. AprĂšs.? ANGELO. Vous lui avez parlĂ© tout Ă  l’heure. Quel est donc cet autre avec qui il Ă©tait ? LA TISBE. C’est son ami. Un vicentin nommĂ© Anatesto Galeofa. ANGELO. Et comment s’appelle-t-il, vofre frĂšre ? LA TISBE. Rodolfo, monseigneur, Rodolfo. Je vous ai dĂ©jĂ  expliquĂ© tout cela vingt lois. Est-ce que vous n’avez rien de plus gracieux Ă  me dire ? ANGELO. Pardon, Tisbe, je ne vous ferai plus de questions. Savez-vous que vous avez jouĂ© hier la Rosmonda d’une grĂące merveilleuse, que cette ville est bien heureuse de vous avoir, et que toute l’Italie qui vous admire, Tisbe, envie ces padouans que vous plaignez tant? Ah ! toute cette foule qui vous applaudit m’importune. Je meurs de jalousie quand je vous vois si belle pour tant de regards. Ah, Tisbe ! — Qu’est-ce donc que cet homme masquĂ© Ă  qui vous avez parlĂ© ce soir entre deux portes ? LA TISBE. Pardon, Tisbe, je ne vous ferai plus de questions. — C’est fort bien. Cet homme, monseigneur, c’est Virgilio Tasca. ANGELO. Mon lieutenant ? LA TISBE. Votre sbire. ANGELO. Et que lui vouliez-vous ? LA TISBE Vous seriez bien attrapĂ©, s’il ne me plaisait pas de vous le dire. ANGELO. Tisbe !... LA TISBE. Non, tenez, je suis bonne, voilĂ  l’histoire. Vous savez qui je suis, rien, une fille du peuple, une comĂ©dienne, une chose que vous caressez aujourd’hui et que vous briserez demain. Toujours en jouant. Eh bien ! si peu que je sois, j’ai eu une mĂšre. Savez-vous ce que c’est que d’avoir une mĂšre ? en avez-vous eu une, vous ? savez-vous ce que c’est que d’ĂȘtre enfant, pauvre enfant, faible, nu, misĂ©rable, affamĂ©, seul au monde, et de sentir que vous avez auprĂšs de vous, autour de vous, au-dessus de vous, marchant quand vous marchez, s’arrĂȘtant quand vous vous arrĂȘtez, souriant quand vous pleurez, une femme... — non, on ne sait pas encore que c’est une femme, — un ange qui est lĂ , qui vous regarde, qui vous apprend Ă  parler, qui vous apprend Ă  rire, qui vous apprend Ă  aimer ! qui rĂ©chauffe vos doigts dans ses mains, votre corps dans ses genoux, votre Ăąme dans son cƓur ! qui vous donne son lait quand vous ĂȘtes petit, son pain quand vous ĂȘtes grand, sa vie toujours ! Ă  qui vous dites ma mĂšre ! et qui vous dit mon enfant ! d’une maniĂšre si douce que ces deux mots-lĂ  rĂ©jouissent Dieu ! — Eh bien ! j’avais une mĂšre comme cela, moi. C’était une pauvre femme sans mari , qui chantait des chansons morlaques dans les places publiques de Brescia. J’allais avec elle. On nous jetait quelque monnaie. C’est ainsi que j’ai commencĂ©. Ma mĂšre se tenait d’habitude au pied de la statue de Gatta-Melata. Un jour, il paraĂźt que dans la chanson qu’elle chantait sans y rien comprendre il y avait quelque rime offensante pour la seigneurie de Venise, ce qui faisait rire autour de nous les gens d’un ambassadeur. Un sĂ©nateur passa. Il regarda, il entendit, et dit au capitaine-grand qui le suivait À la potence cette femme ! Dans l’état de Venise, c’est bientĂŽt fait. Ma mĂšre fut saisie sur-le-champ. Elle ne dit rien, Ă  quoi bon ? m’embrassa avec une grosse larme qui tomba sur mon front, prit son crucifix et se laissa garrotter. Je le vois encore, ce crucifix. En cuivre poli. Mon nom, Tishe, est grossiĂšrement Ă©crit au bas avec la pointe d’un stylet. Moi, j’avais seize ans alors, je regardais ces gens lier ma mĂšre, sans pouvoir parler, ni crier, ni pleurer, immobile, glacĂ©e, morte, comme dans un rĂȘve. La foule se taisait aussi. Mais il y avait avec le sĂ©nateur une jeune fille qu’il tenait par la main, sa fille sans doute, qui s’émut de pitiĂ© tout Ă  coup. Une belle jeune fille, monseigneur. La pauvre enfant ! elle se jeta aux pieds du sĂ©nateur, elle pleura tant, et des larmes si suppliantes et avec de si beaux yeux, qu’elle obtint la grĂące de ma mĂšre. Oui, monseigneur. Quand ma mĂšre fut dĂ©liĂ©e, elle prit son crucifix, — ma mĂšre, — et le donna Ă  la belle enfant en lui disant Madame, gardez ce crucifix, il vous portera bonheur. Depuis ce temps, ma mĂšre est morte, sainte femme ; moi je suis devenue riche, et je voudrais revoir cette enfant, cet ange qui a sauvĂ© ma mĂšre. Qui sait ? elle est femme maintenant, et par consĂ©quent malheureuse. Elle a peut-ĂȘtre besoin de moi Ă  son tour. Dans toutes les villes oĂč je vais, je fais venir le sbire, le barigel, l’homme de police, je lui conte l’aventure, et Ă  celui qui trouvera la femme que je cherche je donnerai dix mille sequins d’or. VoilĂ  pourquoi j’ai parlĂ© tout Ă  l’heure entre deux portes Ă  votre barigel Virgilio Tasca. Êtes-vous content ? ANGELO. Dix mille sequins d’or ! Mais que donnerez-vous Ă  la femme elle-mĂȘme, quand vous la retrouverez ? LA TISBE. Ma vie, si elle veut. ANGELO. Mais Ă  quoi la reconnaĂźtrez-vous ? LA TISBE. Au crucifix de ma mĂšre. ANGELO. Bah ! elle l’aura perdu. LA TISBE. Oh non ! on ne perd pas ce qu’on a gagnĂ© ainsi. ANGELO, apercevant Homodei. Madame ! madame ! il y a un homme lĂ  ! savez-vous qu’il y a un homme lĂ  ? qu’est-ce que c’est que cet homme ? LA TISBE, Ă©clatant de rire. HĂ©, mon Dieu ! oui, je sais qu’il y a un homme lĂ , et qui dort, encore ! et d’un bon sommeil ! N’allez-vous pas vous effaroucher aussi de celui-lĂ  ? c’est mon pauvre Homodei. ANGELO. Homodei ! qu’est-ce que c’est que cela, Homodei ? LA TISBE. Cela, Homodei, c’est un homme, monseigneur, comme ceci, la Tisbe, c’est une femme. Homodei, monseigneur, c’est un joueur de guitare que monsieur le primicier de Saint-Marc, qui est fort de mes amis, m’a adressĂ© derniĂšrement avec une lettre, que je vous montrerai, vilain jaloux ! et mĂȘme Ă  la lettre Ă©tait joint un prĂ©sent. ANGELO. Comment ? LA TISBE Oh ! un vrai prĂ©sent vĂ©nitien. Une boĂźte qui contient simplement deux flacons, un blanc, l’autre noir. Dans le blanc, il y a un narcotique trĂšs puissant qui endort pour douze heures d’un sommeil pareil Ă  la mort ; dans le noir, il y a du poison, de ce terrible poison que Malaspina fit prendre au pape dans une pilule d’aloĂšs, vous savez ? Monsieur le primicier m’écrit que cela peut servir dans l’occasion. Une galanterie, comme vous voyez. Du reste, le rĂ©vĂ©rend primicier me prĂ©vient que le pauvre homme, porteur de la lettre et du prĂ©sent, est idiot. Il est ici, et vous auriez dĂ» le voir, depuis quinze jours, mangeant Ă  l’office, couchant dans le premier coin venu, Ă  sa mode, jouant et chantant en attendant qu’il s’en aille Ă  Vicence. Il vient de Venise. HĂ©las ! ma mĂšre a errĂ© ainsi. Je le garderai tant qu’il voudra. Il a quelque temps Ă©gayĂ© la compagnie ce soir. Notre fĂȘte ne l’amuse pas, il dort. C’est aussi simple que cela. ANGELO. Vous me rĂ©pondez de cet homme ? LA TISBE. Allons, vous voulez rire ! La belle occasion pour prendre cet air effarĂ© ! un joueur de guitare, un idiot, un homme qui dort ! Ah ça, monsieur le podesta, mais qu’est-ce que vous avez donc ? Vous passez votre vie Ă  faire des questions sur celui-ci, sur celui-lĂ . Vous prenez ombrage de tout. Est-ce jalousie, ou est-ce peur ? ANGELO. L’une et l’autre. LA TISBE. Jalousie, je le comprends, vous vous croyez obligĂ© de surveiller deux femmes. Mais peur ! vous le maĂźtre, vous qui faites peur Ă  tout le monde, au contraire ! ANGELO. PremiĂšre raison pour trembler. Se rapprochant d’elle et parlant bas. — Écoutez, Tisbe. Oui, vous l’avez dit, oui, je puis tout ici ; je suis seigneur, despote et souverain de cette ville; je suis le podesta que Venise met sur Padoue, la griffe du tigre sur la brebis. Oui, tout-puissant ; mais, tout absolu que je suis, au-dessus de moi, voyez-vous, Tisbe, il y a une chose grande et terrible et pleine de tĂ©nĂšbres ; il y a Venise. Et savez-vous ce que c’est que Venise, pauvre Tisbe ? Venise, je vais vous le dire, c’est l’inquisition d’état, c’est le conseil des Dix. Oh ! le conseil des Dix ! parlons-en bas, Tisbe, car il est peut-ĂȘtre lĂ  quelque part qui nous Ă©coute. Des hommes que pas un de nous ne connaĂźt, et qui nous connaissent tous. Des hommes qui ne sont visibles dans aucune cĂ©rĂ©monie, et qui sont visibles dans tous les Ă©chafauds. Des hommes qui ont dans leurs mains toutes les tĂȘtes, la vĂŽtre, la mienne, celle du doge, et qui n’ont ni simarre, ni Ă©tole, ni couronne, rien qui les dĂ©signe aux yeux, rien qui puisse vous faire dire celui-ci en est ! un signe mystĂ©rieux sous leurs robes, tout au plus, des agents partout, des sbires partout, des bourreaux partout. Des hommes qui ne montrent jamais au peuple de Venise d’autres visages que ces mornes bouches de bronze toujours ouvertes sous les porches de Saint-Marc, bouches fatales que la foule croit muettes et qui parlent cependant d’une façon bien haute et bien terrible, car elles disent Ă  tout passant dĂ©noncez ! — Une fois dĂ©noncĂ©, on est pris. Une fois pris, tout est dit. À Venise, tout se fait secrĂštement, mystĂ©rieusement, sĂ»rement. CondamnĂ©, exĂ©cutĂ© ; rien Ă  voir, rien Ă  dire ; pas un cri possible, pas un regard utile ; le patient a un bĂąillon, le bourreau un masque. Que vous parlais-je d’échafauds tout Ă  l’heure ? je me trompais. À Venise, on ne meurt pas sur l’échafaud, on disparaĂźt. Il manque tout Ă  coup un homme dans une famille. Qu’est-il devenu ? les plombs, les puits, le canal Orfano le savent. Quelquefois on entend quelque chose tomber dans l’eau la nuit. Passez vite alors ! Du reste, bals, festins, flambeaux, musiques, gondoles, théùtres, carnaval de cinq mois, voilĂ  Venise. Vous, Tisbe, ma belle comĂ©dienne, vous ne connaissez que ce cĂŽtĂ©-lĂ  ; moi, sĂ©nateur, je connais l’autre. Voyez-vous, dans tout palais, dans celui du doge, dans le mien, Ă  l’insu de celui qui l’habite, il y a un couloir secret, perpĂ©tuel trahisseur de toutes les salles, de toutes les chambres, de toutes les alcĂŽves ; un corridor tĂ©nĂ©breux dont d’autres que vous connaissent les portes et qu’on sent serpenter autour de soi sans savoir au juste oĂč il est ; une sape mystĂ©rieuse oĂč vont et viennent sans cesse des hommes inconnus qui font quelque chose. Et les vengeances personnelles qui se mĂȘlent Ă  tout cela et qui cheminent dans cette ombre ! Souvent la nuit je me dresse sur mon sĂ©ant, j’écoute, et j’entends des pas dans mon mur. VoilĂ  sous quelle pression je vis, Tisbe. Je suis sur Padoue, mais ceci est sur moi. J’ai mission de dompter Padoue. Il m’est ordonnĂ© d’ĂȘtre terrible. Je ne suis despote qu’à condition d’ĂȘtre tyran. Ne me demandez jamais la grĂące de qui que ce soit, Ă  moi qui ne sais rien vous refuser, vous me perdriez. Tout m’est permis pour punir, rien pour pardonner. Oui, c’est ainsi. Tyran de Padoue, esclave de Venise. Je suis bien surveillĂ©, allez. Oh ! le conseil des Dix ! Mettez un ouvrier seul dans une cave et faites-lui faire une serrure ; avant que la serrure soit finie, le conseil des Dix en a la clef dans sa poche. Madame ! madame ! le valet qui me sert m’espionne, l’ami qui me salue m’espionne, le prĂȘtre qui me confesse m’espionne, la femme qui me dit je t’aime, — oui, Tisbe, — m’espionne ! LA TISBE. Ah ! monsieur ! ANGELO. Vous ne m’avez jamais dit que vous m’aimiez. Je ne parle pas de vous, Tisbe. Oui, je vous le rĂ©pĂšte, tout ce qui me regarde est un Ɠil du conseil des Dix, tout ce qui m’écoute est une oreille du conseil des Dix, tout ce qui me touche est une main du conseil des Dix. Main redoutable, qui tĂąte longtemps d’abord et qui saisit ensuite brusquement ! Oh ! magnifique podesta que je suis, je ne suis pas sĂ»r de ne pas voir demain apparaĂźtre subitement dans ma chambre un misĂ©rable sbire qui me dira de le suivre, et qui ne sera qu’un misĂ©rable sbire, et que je suivrai ! OĂč ? dans quelque lieu profond d’oĂč il ressortira sans moi. Madame, ĂȘtre de Venise, c’est pendre Ă  un fil. C’est une sombre et sĂ©vĂšre condition que la mienne, madame, d’ĂȘtre lĂ , penchĂ© sur cette fournaise ardente que vous nommez Padoue, le visage toujours couvert d’un masque, faisant ma besogne de tyran, entourĂ© de chances, de prĂ©cautions, de terreurs, redoutant sans cesse quelque explosion, et tremblant Ă  chaque instant d’ĂȘtre tuĂ© roide par mon Ɠuvre comme l’alchimiste par son poison ! — Plaignez-moi, et ne me demandez pas pourquoi je tremble, madame ! LA TISBE. Ah, Dieu ! affreuse position que la vĂŽtre, en effet. ANGELO. Oui, je suis l’outil avec lequel un peuple torture un autre peuple. Ces outils-lĂ  s’usent vite et se cassent souvent, Tisbe. Ah ! je suis malheureux. Il n’y a pour moi qu’une chose douce au monde, c’est vous. Pourtant je sens bien que vous ne m’aimez pas. Vous n’en aimez pas un autre, au moins ? LA TISBE. Non, non, calmez-vous. ANGELO. Vous me dites mal ce non-lĂ . LA TISBE. Ma foi ! je vous le dis comme je peux. ANGELO. Ah ! ne soyez pas Ă  moi, j’y consens ; mais ne soyez pas Ă  un autre ! Tisbe ! Que je n’apprenne jamais qu’un autre
 La Tisbe. Si vous croyez que vous ĂȘtes beau quand vous me regardez comme cela ! ANGELO. Ah ! Tisbe, quand m’aimerez-vous ? LA TISBE. Quand tout le monde ici vous aimera. ANGELO. HĂ©las ! — C’est Ă©gal, restez Ă  Padoue. Je ne veux pas que vous quittiez Padoue, entendez-vous ? Si vous vous en alliez, ma vie s’en irait. — Mon Dieu ! voici qu’on vient Ă  nous. Il y a longtemps dĂ©jĂ  qu’on peut nous voir parler ensemble ; cela pourrait donner des soupçons Ă  Venise. Je vous laisse. S’arrĂȘtant et montrant Homodei. — Vous me rĂ©pondez de cet homme ? LA TISBE. Comme d’un enfant qui dormirait lĂ . ANGELO. C’est votre frĂšre qui vient. Je vous laisse avec lui. Il sort. ScĂšne II. LA TISBE ; RODOLFO, vĂȘtu de noir, sĂ©vĂšre, une plume noire au chapeau ; HOMODEI, toujours endormi. LA TISBE. Ah ! c’est Rodolfo ! ah ! c’est Rodolfo ! Viens, je t’aime, toi ! Se tournant vers le cĂŽtĂ© par oĂč Angelo est sorti. — Non, tyran imbĂ©cile ! ce n’est pas mon frĂšre, c’est mon amant ! — Viens, Rodolfo, mon brave soldat, mon noble proscrit, mon gĂ©nĂ©reux homme ! Regarde-moi bien en face. Tu es beau, je t’aime ! RODOLFO. Tisbe
 TISBE. Pourquoi as-tu voulu venir Ă  Padoue ? Tu vois bien, nous voilĂ  pris au piĂšge. Nous ne pouvons plus en sortir maintenant. Dans ta position, partout tu es obligĂ© de te faire passer pour mon frĂšre. Ce podesta s’est Ă©pris de ta pauvre Tisbe ; il nous tient ; il ne veut pas nous lĂącher. Et puis je tremble sans cesse qu’il ne dĂ©couvre qui tu es. Ah ! quel supplice ! Oh ! n’importe, il n’aura rien de moi, ce tyran ! Tu en es bien sĂ»r, n’est-ce pas, Rodolfo ? Je veux pourtant que tu t’inquiĂštes de cela ; je veux que tu sois jaloux de moi, d’abord. RODOLFO. Vous ĂȘtes une noble et charmante femme. LA TISBE. Oh ! c’est que je suis jalouse de toi, moi, vois-tu ! mais jalouse ! Cet Angelo Malipieri, ce vĂ©nitien, qui me parlait de jalousie aussi, lui, qui s’imagine ĂȘtre jaloux, cet homme, et qui mĂȘle toutes sortes d’autres choses Ă  cela. Ah ! quand on est jaloux, monseigneur, on ne voit pas Venise, on ne voit pas le conseil des Dix, on ne voit pas les sbires, les espions, le canal Orfano ; on n’a qu’une chose devant les yeux, sa jalousie. Moi, Rodolfo, je ne puis te voir parler Ă  d’autres femmes, leur parler seulement, cela me fait mal. Quel droit ont-elles Ă  des paroles de toi ? Oh ! une rivale ! ne me donne jamais une rivale ! je la tuerais. Tiens, je t’aime ! Tu es le seul homme que j’aie jamais aimĂ©. Ma vie a Ă©tĂ© triste longtemps, elle rayonne maintenant. Tu es ma lumiĂšre. Ton amour, c’est un soleil qui s’est levĂ© sur moi. Les autres hommes m’avaient glacĂ©e. Que ne t’ai-je connu il y a dix ans ! il me semble que toutes les parties de mon cƓur qui sont mortes de froid vivraient encore. Quelle joie de pouvoir ĂȘtre seuls un instant et parler ! Quelle folie d’ĂȘtre venus Ă  Padoue ! Nous vivons dans une telle contrainte ! Mon Rodolfo ! Oui, pardieu ! c’est mon amant ! ah bien oui ! mon frĂšre ! Tiens, je suis folle de joie quand je te parle Ă  mon aise ; tu vois bien que je suis folle ! M’aimes-tu ? RODOLFO. Qui ne vous aimerait pas, Tisbe ? TISBE. Si vous me dites encore vous, je me fĂącherai. Ô mon Dieu ! il faut pourtant que j’aille me montrer un peu Ă  mes conviĂ©s. Dis-moi, depuis quelque temps je te trouve l’air triste. N’est-ce pas, tu n’es pas triste ? RODOLFO. Non, Tisbe. LA TISBE. Tu n’es pas souffrant ? RODOLFO. Non. LA TISBE. Tu n’es pas jaloux ? RODOLFO. Non. LA TISBE. Si ! je veux que tu sois jaloux ! Ou bien c’est que tu ne m’aimes pas ! Allons, pas de tristesse. Ah çà, au fait, moi je tremble toujours, tu n’es pas inquiet ? personne ici ne sait que tu n’es pas mon frĂšre ? RODOLFO. Personne, exceptĂ© Anafesto. LA TISBE. Ton ami. Oh ! celui-lĂ  est sĂ»r. Entre Anafesto Galeofa. — Le voici prĂ©cisĂ©ment. Je vais te confier Ă  lui pour quelques instants. Riant. — Monsieur Anafesto, ayez soin qu’il ne parle Ă  aucune femme. ANAFESTO, souriant Soyez tranquille, madame. La Tisbe sort. ScĂšne III. RODOLFO, ANAFESTO GALEOFA, HOMODEI, toujours endormi. ANAFESTO, la regardant sortir. Oh ! charmante ! — Rodolfo, tu es heureux ; elle t’aime. RODOLFO. Anafesto, je ne suis pas heureux ; je ne l’aime pas. ANAFESTO. Comment ! que dis-tu ? RODOLFO, apercevant Homodei. Qu’est-ce que c’est que cet homme qui dort lĂ  ? 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Tisbe ! Du secours ! MisĂ©rable que je suis ! LA TISBE. Non. Tout secours est inutile. Je le sens bien. Merci. Ah ! livre-toi Ă  la joie comme si je n’étais pas lĂ . Je ne veux pas te gĂȘner. Je sais bien que tu dois ĂȘtre content. J’ai trompĂ© le podesta. J’ai donnĂ© un narcotique au lieu d’un poison. Tout le monde l’a crue morte. Elle n’était qu’endormie. Il y a lĂ  des chevaux tout prĂȘts. Des habits d’homme pour elle. Partez tout de suite. En trois heures, vous serez hors de l’état de Venise. Soyez heureux. Elle est dĂ©liĂ©e. Morte pour le podesta. Vivante pour toi. Trouves-tu cela bien arrangĂ© ainsi ? RODOLFO. Catarina !
 Tisbe !
 Il tombe Ă  genoux, l’Ɠil fixĂ© sur la Tisbe expirante. LA TISBE, d’une voix qui va s’éteignant. Je vais mourir, moi. Tu penseras Ă  moi quelquefois, n’est-ce pas ? et tu diras Eh bien, aprĂšs tout, c’était une bonne fille, cette pauvre Tisbe. Oh ! cela me fera tressaillir dans mon tombeau ! Adieu ! Madame, permettez-moi de lui dire encore une fois mon Rodolfo ! Adieu, mon Rodolfo ! Partez vite Ă  prĂ©sent. Je meurs. Vivez. Je te bĂ©nis ! Elle meurt.
Adresse: 30 Rue Victor Hugo 83700 Saint-Raphaël Etablissement(s) : siÚge et établissement principal Origine du fonds : siÚge et établissement principal acquis par achat au prix stipulé de 280000.00 euros Activité : bar restaurant pizzéria brasserie salon de thé Adresse de l'établissement : 30 Rue Victor Hugo 83700 Saint-Raphaël
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  • un don de victor hugo pas du tout sympathique