Illusionnisme: Art de crĂ©er des illusions. Le terme illusionnisme est ni plus ni moins qu’un synonyme de la prestidigitation ou de la magie. Cette discipline consiste Ă  crĂ©er des spectacles en lien avec l’impossible. Dans cet article vous dĂ©couvrirez les origines de l’illusionnisme et l’évolution de cet art.

“Le blocage des prix est une illusion totale, ça veut dire qu’on supprime toute loi de l’offre et de la demande ou qu’on refuse d’augmenter la rĂ©munĂ©ration des agriculteurs”
Museumof Illusions Paris Accueil - Musee de l'illusion MUSEE DE L’ILLUSION PARIS : 98 rue Saint-Denis, 75001 Paris, Tel: 09 73 67 01 27 | info@museedelillusion.fr
La premiĂšre qualitĂ© de l’Art et son but est l’illusion. L’émotion, laquelle s’obtient souvent par certains sacrifices de dĂ©tails poĂ©tiques, est une tout autre chose et d’un ordre infĂ©rieur. Gustave FlaubertLe Dico des citations
Pasbesoin de paniquer si vous sentez que l'un des enfants de votre famille est en ùge de savoir que le PÚre Noël n'est qu'une illusion. Une mÚre de famille américai
AccueilInsolite Par MĂ©lanie Bonvard Mis Ă  jour mercredi 09 mars 2022 Ă  14h17 Connaissez-vous Octavio Ocampo ? Ce peintre & sculpteur Mexicain fait preuve d’une crĂ©ativitĂ© surrĂ©aliste Ă  couper le souffle. Ses Ɠuvres impliquent des compositions impressionnantes mixant divers objets et individus qui, une fois assemblĂ©s sur l’Ɠuvre, forment un seul et mĂȘme sujet. C’est comme si ses Ɠuvres Ă©taient capables de raconter plusieurs histoires diffĂ©rentes dans une seule peinture. On contemple ainsi une illusion d’optique dĂ©concertante et vraiment subtile. Au final, on pourrait regarder les Ɠuvres d’Octavio Ocampo longtemps afin de dĂ©crypter chaque Ă©lĂ©ment qui compose un tableau. Des Ă©lĂ©ments complĂštement opposĂ©s s’assemblent donc pour crĂ©er une harmonie plaisante Ă  ses Ɠuvres. On vous laisse juger de ses illusions hors normes 1. À voir aussi Octavio Ocampo 2. Octavio Ocampo 3. Octavio Ocampo 4. Octavio Ocampo 5. Octavio Ocampo 6. Octavio Ocampo 7. Octavio Ocampo 8. Octavio Ocampo 9. Octavio Ocampo 10. Octavio Ocampo 11. Octavio Ocampo 12. Octavio Ocampo 13. Octavio Ocampo Comment trouvez-vous ses tableaux ? C’est aussi troublant que fascinant...
Voiciune illusion un peu particuliĂšre : pour qu’elle fonctionne, vous devez cesser de la voir. PostĂ©e hier sur Reddit, elle comptabilise dĂ©jĂ  des dizaines de milliers de votes positifs.Le
Jun 4 l'art est l'illusion d'une illusion Selon Schopenhauer, il s’agit bel et bien d’une illusion, et l’individu est effectivement flouĂ© dans l’amour. Nous rĂ©pondrons a cette question en trois parties en premier lieu, en quoi l’art a Ă©tĂ© souvent perçu comme imitation de la Nature, une source d’illusion, puis comment l’art pourrait nous 
 a. Platon condamne cet art de l'illusion si l'art produit de belles apparences trompeuses, il est moralement condamnable et les artistes doivent ĂȘtre chassĂ©s de la citĂ©, car ces poĂštes ne crĂ©ent que des fantĂŽmes et non des choses rĂ©elles. Mais aussi bien, le crĂ©ateur n'est pas, ne sera jamais en tant que tel, un crĂ©ateur d'illusions. D - ZN33680. Platon Baudelaire Wilde. Lingerie Soutien-gorge minimiseur sans armatures avec coton, pour donner l'illusion d'une poitrine plus petite. C'est au nom de cette idĂ©e que les PĂšres de l'Église, Ă  la suite de Platon, condamnent le théùtre. Il donc vrai de dire comme Platon que l'art provoque des illusions, mais dans le cas de l'art l'illusion n’est pas synonyme de tromperie. La gĂ©niale chaĂźne Bright Side est devenue au fil des annĂ©es l'une des rĂ©fĂ©rences sur YouTube concernant les illusions d'optiques, les casse-tĂȘte psychologiques et autres jeux. Le trompe l’Ɠil est une technique ancestrale. L’art selon Platon et les nĂ©oplatoniciens. Cependant, elle ne touche pas tout le monde. La faute » Ă  Hans Zimmer qui, dans bon nombre de ses bandes originales, utilise une gamme de Shepard. RĂ©pondre sommairement Ă  la question, isoler les points 
 L'art semble donc bien ĂȘtre une illusion, dans le sens oĂč ce qu'il montre n'est pas un objet sensible, mais son imitation. L’illusion est ici transcendance vers l’idĂ©al. CarrĂ©s loufoques. L'illusion et l'art Cette derniĂšre sorte d'illusion est particuliĂšrement celle que peuvent produire les oeuvres dramatiques et les oeuvres de la peinture. La scĂ©nographie donne Ă  voir un univers factice. Ancien directeur et professeur de l'Institut Warburg, Ernst Gombrich 1909-2001 se prĂ©sente avec insistance dans L'Art et l'illusion comme un disciple d'Ernst Kris, historien d'art et psychanalyste ayant menĂ© avec lui des expĂ©riences sur la perception physionomique dans les 
 II. Platon L'art est l'illusion d'une illusion. Il y a un art de leurrer, d’ensorceler, de flatter, mais c’est jouer sur les 
 Apparence 
 Langue français. Psychologie de la reprĂ©sentation picturale. Psychologie et comment mieux gĂ©rer ses 
 En arpentant l’Ɠuvre, le point de vue est diffĂ©rent puisque le spectateur est immergĂ©. Illusion d’optique, provenant des lois de l’optique ; illusion du bĂąton brisĂ©, etc. En somme, l’art dramatique reste une illusion de vĂ©ritĂ© dans la mesure oĂč il se veut une recrĂ©ation de la rĂ©alitĂ© qui transfigure le cadre spatiotemporel et les personnages. Rien de trouvĂ© . DerriĂšre l'illusion optique, ils dĂ©noncent l'illusion mĂ©taphysique. III- Les illusions d'optique au quotidien 1- Dans les arts plastiques 2- Dans l'architecture 3- Dans la publicitĂ© . Elle va tellement de soi, que la plupart d’entre nous ne 
 3 apparence trompeuse dĂ©nuĂ©e de 
 l'art est l'illusion d'une illusion L'Art et l'illusion. “Le roman est le fruit d'une illusion humaine. Le rĂ©sultat le spectateur a l'impression d'une montĂ©e en puissance infinie. Les illusions d'optique et l'art. Pour Plotin on atteint alors Ă  la vĂ©ritĂ© les arts remontent aux raisons d'oĂč est issu l'objet naturel ». Si la tragĂ©die reprĂ©sente les malheurs de l’existence, pourtant 
 S'appuyant Ă  la fois sur les travaux et les conceptions de la psychologie expĂ©rimentale et sur l'Ă©tude des styles traditionnels, Gombrich s'efforce de dĂ©gager une dĂ©finition de la crĂ©ativitĂ© artistique, valable pour toutes les pĂ©riodes de la crĂ©ativitĂ© humaine. Platon s’élĂšve contre la tendance illusionniste » de l’art de 
 MĂȘme si l’illusion est provoquĂ©e par des techniques prĂ©cises et ciblĂ©es, la finalitĂ© sera diffĂ©rente d’un individu Ă  un autre. C’est le propre de l’art que de susciter des rĂ©actions divergentes, voire contradictoires et de provoquer le questionnement et le dĂ©bat. Illusions de l'art les arts d'illusion = "trompe l'Ɠil". L'empereur qui accuse Wang-Fo de lui avoir menti sur le rĂ©el. Illusion d'Ă©ternitĂ© Diotime, Le Banquet, les diffĂ©rentes maniĂšres dont les hommes croient rĂ©aliser leur dĂ©sir d'Ă©ternitĂ©. Les illusions de mouvement. Un art de l’artifice et del’illusion. C'est l'art du sophiste qui est un art d'illusion. TroisiĂšme partie. “Les illusions tombent l’une aprĂšs l’autre, comme les Ă©corces d’un fruit, et le fruit, c’est l’expĂ©rience. » Dans la Critique de la facultĂ© de juger, Kant voit la nature comme la source de l'art La nature donne ses rĂšgles Ă  l'art. Si l’art, comme mise en oeuvre Ă  finalitĂ© esthĂ©tique de l’idĂ©e d’un artiste dans l’espace d’un tableau a bien une existence matĂ©rielle par cet objet qu’est l’oeuvre, il semble qu’il ne peut s’agit d’une simple illusion, c’est-Ă -dire d’une simulation de rĂ©alitĂ© qui n’a aucune existence propre. Ce dĂ©fi est 
 C'est au nom de cette idĂ©e que les PĂšres de l'Église, Ă  la suite de Platon, condamnent le théùtre. Plus encore, l'art donc seul l'esprit peut en saisir la vĂ©ritĂ© et la faire vivre nous renvoie Ă  une vĂ©ritĂ© 
 StĂ©rĂ©ogramme 3D en image cachĂ©e par Gary W. Priester. b. L'illusion est avant tout un enfermement, une folie ». En ce sens, la question "l'art est-il une illusion ?" semble acquĂ©rir toute sa pertinence. Si l'art, comme mise en oeuvre Ă  finalitĂ© esthĂ©tique de l'idĂ©e d'un artiste dans l'espace d'un tableau a bien une existence matĂ©rielle par cet objet qu'est l'oeuvre, il semble qu'il ne peut s'agit d'une simple illusion,... Comme l'explique cette vidĂ©o de Vox, les films 
 Il donc vrai de dire comme Platon que l'art provoque des illusions, mais dans le cas de l'art l'illusion n’est pas synonyme de tromperie. L'illusion de ce qui est vu est paradoxalement ce qui aurait dĂ» ĂȘtre vu. Ces artistes font percevoir dans une illusion toute la profondeur de la rĂ©alitĂ©. L’art, parce qu’il imite la nature, dĂ©tourne de la vĂ©ritĂ©. . L’art se propose de copier ce qui existe dans le monde sensible, donc d’imiter ce qui est dĂ©jĂ  une copie, donc selon Platon l’artiste nous Ă©loigne de deux degrĂ©s de la rĂ©alitĂ©. 3/ L’illusion amoureuse selon Platon. Illusion dĂ©risoire de tenir la vie alors que celle-ci fuit de tous cĂŽtĂ©s, indomptĂ©e, indomptable, fiĂšre. . actrice pub audi; qare comment ça marche; 
 Qu'est-ce qu'un art, qu'est-ce qu'une illusion ? En somme, l’art dramatique reste une illusion de vĂ©ritĂ© dans la mesure oĂč il se veut une recrĂ©ation de la rĂ©alitĂ© qui transfigure le cadre spatiotemporel et les personnages. Home ActualitĂ©s l'art est l'illusion d'une illusion. Autonome et autodidacte, il se caractĂ©rise par une parfaite maĂźtrise de ses mains et d'une grande dextĂ©ritĂ©. C’est une forme de lĂąchetĂ©. D'autre part, les illusions affectives peuvent compenser une angoisse Freud. Artiste, Arts, France, Roanne, 1955 Vous aussi, crĂ©ez votre propre citation ! Vieux comme le monde, le Street Art s’est dĂ©veloppĂ© Ă  partir de la fin des annĂ©es 1960 et s’inscrit aujourd’hui dans notre culture avec, entre autre, la peinture 3D. Chez Kant, le jugement esthĂ©tique est Universel Subjectif Individuel. S'appuyant Ă  la fois sur les travaux et les conceptions de la psychologie expĂ©rimentale et sur l'Ă©tude des styles traditionnels, 
 Mais il ne saurait y avoir l’ombre mĂȘme d’une esthĂ©tique de l’illusion. Elle va tellement de 
 Dans celle de gauche, les carrĂ©s rouges ont l’air dĂ©formĂ©s et tout droit sortis d’une maison du rire planchers mouvants, miroirs dĂ©formants, labyrinthes, etc.. Fiche dĂ©taillĂ©e de "L'art et l'illusion - psychologie de la representation picturale". Une illusion qui ne touche pas que la peinture, mais aussi l’architecture le palais Spada Ă  Rome, en particulier la galerie en perspective de Francesco Borromini en est un 
 Votre sujet de philo sera traitĂ© selon les indications que 
 Dans la journĂ©e d’hier, soit le 31 mars 2015, il y eu une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale pour voter si les diffĂ©rents campus, soient de Rouyn, d’Amos, de Val-d’or, de Mont-Laurier et de MontrĂ©al, tomberaient en grĂšve. Auteur Ernst Hans Gombrich. L'illusion de pouvoir comprendre autrui.”. Cette illusion se produit quelle que soit la couleur utilisĂ©e, et quelle que soit la taille de l'image. Notre Ă©quipe de professeurs de philosophie se propose de rĂ©aliser pour vous un vĂ©ritable corrigĂ© de " L'art n'est-il qu'une illusion ? Mazouz HacĂšne , RĂ©flexion. Trouble de la mĂ©moire dans lequel le malade ressent comme dĂ©jĂ  Ă©prouvĂ©e une situation en rĂ©alitĂ© nouvelle ou dans lequel il ,,prend des faits rĂȘvĂ©s, lus ou entendus comme effectivement vĂ©cus`` MĂ©d. Accueil; Ă  propos; Contact; Mon blog; More. On m’a proposĂ© un sujet d’exposĂ© en 
 Sens 1 Une illusion est une interprĂ©tation erronĂ©e d'une perception sensorielle qui nous fait apprĂ©hender la rĂ©alitĂ© objective diffĂ©rente de ce qu'elle est. C’est une galerie virtuelle
 On y accĂšde en quelques clics. 7158 mots 29 pages. Nos professeurs 
 Si l'art est une illusion il est nĂ©cessaire Ă  supporter la rĂ©alitĂ©. La phrase prĂ©cĂ©dente aussi, bien entendu.”. Salvatore Di Giovanna. Biol. Quelles citations parlent de ces thĂšmes, art & illusion? Les grands artistes sont ceux qui imposent Ă  l'humanitĂ© leur illusion particuliĂšre. L'Art et l'Illusion sous-titrĂ© Psychologie de la reprĂ©sentation picturale ... L’idĂ©e issue de l'histoire de l'art que le style n’est que le reflet de l’expression d’une Ă©poque me semblait non 
 Recherche parmi 272 000+ dissertations. C’est que l’art, limitĂ© dans ses moyens d’expression, ne peut produire que des illusions unilatĂ©rales, offrir l’apparence de la rĂ©alitĂ© Ă  un seul de nos sens ; et, en fait, lorsqu’il ne va pas 
 C’est ainsi que l’art permet d’ĂȘtre une illusion utile Ă  la vie en transformant la plainte des hommes en hymne Ă  la vie. 2 interprĂ©tation erronĂ©e d'une sensation rĂ©ellement perçue. Des psychologues ont Ă©tudiĂ© de prĂšs une illusion d'optique fascinante qui trompe mĂȘme les rĂ©flexes inconscients des yeux et du cerveau. DĂ©finitions et analyse. En 
 “Le roman est le fruit d'une illusion humaine. Illusions visuelles, tactiles. "L'Art et l'illusion" est avec "Histoire de l'Art" le deuxiĂšme incontournable de Sir Ernst Hans Gombrich. Le dĂ©fi visuel que vous verrez a une difficultĂ© en plus, car il est liĂ© Ă  l’illusion d’optique. De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensĂ©es Ă©chevelĂ©es. Le troupeau perdu. Il y a tromperie. L'art, imitation d'une imitation, se trouve donc Ă©loignĂ© du rĂ©el de trois degrĂ©s. OTK-Expert Le magazine des meilleurs duellistes . Livre en 
 L’art entre illusion et rĂ©alitĂ©. John Lennon. Dans les annĂ©es 1960-70, les illusions ont inspirĂ© un style appelĂ© l'art optique, ou Op-Art». Phrases cĂ©lĂšbres sur l'art. Une activitĂ© sur les illusions d’optique en classe. Retour Ă  sa Collection Ce que sentait Proust intuitivement et ce que Einstein suggĂšre, c’est que la vraie rĂ©alitĂ© est hors du temps. Maitrise qu'il met au service de la crĂ©ation artistique dans son sens le plus large sculpture, peinture, illusion, etc. IV- Conclusion . Trouble de la mĂ©moire dans lequel le malade ressent comme dĂ©jĂ  Ă©prouvĂ©e une situation en rĂ©alitĂ© nouvelle ou dans lequel il ,,prend des faits rĂȘvĂ©s, lus ou entendus comme effectivement vĂ©cus`` MĂ©d. Les Ă©lĂšves vont apprendre petit Ă  petit Ă  ne plus se laisser piĂ©ger par leur cerveau et ainsi percer le secret de nombreuses illusions. L’art selon Platon 
 Il ne faut pas interprĂ©ter le titre comme une revue autour de l'art illusionniste. Baumgarten Science 
 On connaĂźt tous la thĂ©orie platonicienne de l’amour
. Il est aussi connu pour avoir introduit de maniĂšre active la psychologie dans son domaine, ce qui selon lui est devenu indispensable. Artiste illusionniste. Varel Tchitembo Tchissafou. Dissertation Le théùtre, un art d'illusion. Psychologie de la reprĂ©sentation picturale. On donne le nom d'Illusion Ă  une erreur des sens qui nous fait percevoir les objets autrement qu'ils ne sont en effet, ou qui nous fait prendre l'image, les apparences de l'objet, pour la rĂ©alitĂ©. Aristote C' est par l'expĂ©rience que la science et l'art font leur progrĂšs chez les hommes. S'appuyant sur la recherche des pionniers constructivistes et Bauhaus, il se servait de la cinĂ©tique visuelle plastique cinĂ©tique. Cependant, elle a su Ă©voluer avec son temps. maison phĂ©nix vendĂ©e avis illusion d'optique arts plastiques college. Fiche technique. exemplaires de la puissance de l’illusion sur l’esprit. DĂ©finition d'illusion Etymologie du latin illusio, ironie, illusion, tromperie, dĂ©rivĂ© du verbe illudere, jouer sur, jouer avec, se jouer, railler. D'une part, les illusions de la perception ne sont pas aliĂ©nantes. S’il est une idĂ©e qui semble aller de soi aujourd’hui, c’est bien que l'idĂ©e que l’art est un moyen d’évasion. La gĂ©niale chaĂźne Bright Side est devenue au fil des annĂ©es l'une des rĂ©fĂ©rences sur YouTube concernant les illusions d'optiques, les casse-tĂȘte psychologiques et autres 
 L’Ɠil humain se fatigue trĂšs vite lorsqu'il est contraint de fixer un objet. Rechercher Rejoignez-moi ! ". Voulez-vous lancer une nouvelle recherche ? Le philosophe qui a montrĂ© que penser la libertĂ© comme illusoire revient Ă  de la lĂąchetĂ© est Sartre dans l’Existentialisme est un Humanisme. UtilitĂ© pour les neurosciences cognitives - Une illusion d'optique est une illusion qui trompe le systĂšme visuel humain depuis l'Ɠil jusqu'au cerveau et aboutit Ă  une perception dĂ©formĂ©e de la rĂ©alitĂ©. C’est en recevant un livre de chez Milan sur les illusions d’optiques que m’est venu l’idĂ©e d’en faire une sĂ©quence en arts visuels dans ma classe! Car l’art est un lieu de fascination en utilisant des procĂ©dĂ©s illusionnistes dont les enchantements » agissent sur la vulnĂ©rabilitĂ© 
 Il faut imaginer comme des paquets de 
 Editeur Gallimard. V- Annexe 1- Entretien avec une ophtalmologue Le sophiste est un faiseur d'images ; l'art du 
 l’image numĂ©rique en 3D, mĂȘlant ainsi l’illusion de l’installation et un certain vertige visuel. Trouvez votre bonheur. Il donc vrai de dire comme Platon que l'art provoque des illusions, mais dans le cas de l'art l'illusion n’est pas 
 L’art est l’illusion d’une illusion. Vous l'aviez sans doute dĂ©jĂ  remarquĂ© dans les autres films de Christopher Nolan, mais Dunkerque est marquĂ© par une tension omniprĂ©sente. En rĂ©alitĂ©, comme nous l’avons vu, tout individu du sexe 
 l’art n’est qu’un mensonge et une illusion. En ce sens, il est un moyen d'accĂ©der Ă  la vĂ©ritĂ©. Contenu Introuvable. - Ma Philo .net - Aide personnalisĂ©e pour tous vos devoirs de philosophie, rĂ©ponse Ă  votre dissertation de philo en 1h chrono. En revanche, l’idĂ©e qui Ă©lĂšve le théùtre au rang d’art illusionniste n’est pas toujours valable. La Plus Grosse Doline Au Monde, Seeing Yourself As A Bride In Dream Islam, Bruno MĂ©gret Parking, Erwan Gourcuff Ploemeur, Natty Dread Traduction, Gormiti Prima Serie Tv, Lettre D'avertissement Pour NĂ©gligence Professionnelle, Corinne Barcessat Photo, Dalida Chansons Connues, Ted Baker Dress Sizing Big Or Small, Exemples: la parĂ©idolie, une illusion d'optique, une illusion auditive, l'illusion de sentir un membre amputĂ©, l'illusion du dĂ©jĂ -vu. Sens 2 Dans les arts, une illusion est un effet créé au moyen d'un artifice, d'un trucage ou de techniques diverses pour produire auprĂšs des spectateurs une sensation de rĂ©alitĂ© en l'imitant. Elle L’illusion est une des composantes de base des arts plastiques. L’artiste plasticien donne Ă  voir une interprĂ©tation, une reprĂ©sentation mais aussi une reproduction du monde. Son travail est de remettre en cause la rĂ©alitĂ©, qu’elle soit esthĂ©tique, politique ou sociale et pour cela, l’artiste a besoin de l’illusion comme technique ou comme fin pour rĂ©tablir les non-vĂ©ritĂ©s tenues pour des vĂ©ritĂ©s », pour reprendre Friedrich Nietzsche. Les principes de re-prĂ©sentations » utilisĂ©s par l’artiste reconstruisent une certaine rĂ©alitĂ© qu’il tend Ă  imiter, Ă  transposer ou Ă  transformer en donnant Ă  l’Ɠuvre le sentiment du vrai pour susciter l’adhĂ©sion du regardeur. Peintres, sculpteurs, dessinateurs, photographes, vidĂ©astes, designers et architectes utilisent tous de façon directe ou dĂ©tournĂ©e l’artifice dans leur travail, quelque soit le medium utilisĂ©. Par des techniques appropriĂ©es, ils parviennent Ă  donner le sentiment du rĂ©el ou du vrai. Le peintre donne l’illusion de la rĂ©alitĂ© par le travail des couleurs quand le sculpteur, lui, donne l’illusion du mouvement et de la vie par le modelĂ© de la matiĂšre. Auguste Rodin, Le baiser 1881-1882. L’illusion de la vie s’obtient dans notre art par le bon modelĂ© et par le mouvement » Auguste Rodin Certains plasticiens utilisent consciemment la spĂ©cificitĂ© illusoire de leur art pour donner Ă  leur Ɠuvre une profondeur particuliĂšre qui touche Ă  la perception mĂȘme du regardeur, pour lui garantir une expĂ©rience inĂ©dite dans son rapport Ă  la rĂ©alitĂ©. Comme d’habiles prestidigitateurs, ces artistes manient Ă  la perfection les techniques du trompe-l’Ɠil, des illusions d’optique, des images ambiguĂ«s, des effets cinĂ©tiques et autres jeux de miroirs. Philippe Mercier, L’Escamoteur 1725. Tout ce qui trompe ensorcĂšle » dixit Platon. Au-delĂ  de la tromperie premiĂšre que provoque l’utilisation d’illusions, ces simulacres ont pour but de dĂ©router, de faire vaciller les sens et la raison pour voir le monde diffĂ©remment et remettre en cause certaines certitudes Ă©tablies
 Il y a ici une parentĂ© Ă©vidente entre l’artiste et l’illusionniste qui sont, tous les deux, les artisans de la construction de perception qui provoque l’illusion dans l’esprit du spectateur. L’effet magique est comparable Ă  un trompe-l’Ɠil en peinture ; ce sont des tours d’esprit. Comme le dit si bien Paul Virilio Le monde de la magie est une illusion et l’art est de prĂ©senter l’illusion du monde. » De la prĂ©histoire Ă  nos jours, les arts plastiques se sont dĂ©veloppĂ©s sur certaines formes d’artifices, des moyens d’expressions directs et souvent visuels pour rĂ©interprĂ©ter le monde. Cette petite rĂ©trospective, loin d’ĂȘtre exhaustive, propose un aperçu des principaux mouvements et des artistes majeurs ayant utilisĂ©s des outils illusoires. L’art pariĂ©tal La peinture, la gravure et la sculpture prĂ©historique naissent et s’expriment au PalĂ©olithique, dans les profondeurs des cavernes. Ainsi apparaissent les premiĂšres oeuvres oĂč domine la faune reprĂ©sentĂ©e par des mammouths, bisons, chevaux, cerfs ou bouquetins aux proportions justes et dĂ©taillĂ©es. Des traces qui laissent Ă  interprĂ©tations oĂč se dĂ©veloppe une approche structuraliste organisĂ©e comme un message symbolique global, ou bien une approche chamanique oĂč les cavernes sont comparables Ă  des sanctuaires religieux. Les artistes palĂ©olithiques utilisaient frĂ©quemment et judicieusement le relief naturel des parois fissures, renflements
 pour donner Ă  leurs Ɠuvres une consistance et une illusion de vie spectaculaires. Grotte Chauvet, Lionnes. L’exploitation des reliefs naturels est attestĂ©e dans toutes les rĂ©gions et dans toutes les pĂ©riodes du palĂ©olithique supĂ©rieur et se rencontre dans toutes les espĂšces de figures animales ou humaines. Cette pratique s’amplifie pendant le MagdalĂ©nien et correspond Ă  une recherche du volume. Il y a une volontĂ© d’établir un lien avec le milieu naturel dans un rapport symbolique. Figuration fictive d’un cheval utilisant la morphologie de la paroi et ses reliefs. Dessin de J. Brot extrait du mĂ©moire de Jean Brot, L’utilisation des reliefs naturels dans l’art gravĂ© et sculptĂ© pariĂ©tal du PalĂ©olithique supĂ©rieur français Dijon, 2015. Dans l’exemple du cheval, le volume ventral de la reprĂ©sentation s’appuie sur une convexitĂ© verticale et horizontale de la paroi. La croupe est calĂ©e sur un plus petit relief dont elle Ă©pouse la forme. La jambe antĂ©rieure gauche borde une dĂ©pression, ce qui lui donne du relief. Il en est de mĂȘme pour la zone gorge-ganache. Enfin, une autre dĂ©pression ou cupule prend la place du sabot postĂ©rieur droit. Ainsi, cette reprĂ©sentation trouve ses dimensions en fonction de la distance sĂ©parant les diffĂ©rents reliefs entrant dans sa composition. La restitution de la 3Ăšme dimension est obtenue par soustraction de matiĂšre Ă  l’aide du creusement du contour qui est ensuite modelĂ© en fonction de l’effet souhaitĂ©. L’art grec Contrairement aux Ă©gyptiens qui ne cherchaient pas Ă  provoquer l’illusion de la profondeur et de l’espace mais plutĂŽt Ă  rendre compte de la clartĂ© des choses, Le peuple grec a dĂ©veloppĂ© le concept de mimesis qui consiste en un processus d’imitation et donc d’étude de la nature afin de la reprĂ©senter au mieux et de donner l’illusion que les Ɠuvres d’art ont une existence. Un concept qui annoncera tout l’art occidental jusqu’aux impressionnistes. La mimĂ©sis connut un cĂ©lĂšbre dĂ©tracteur nommĂ© Platon. Pour lui, le monde visible est dĂ©jĂ  une pĂąle copie du monde intelligible vers lequel il faut s’élever. La volontĂ© de copier Ă  l’identique sur une toile ou dans une sculpture ce monde imparfait, n’est autre qu’une nouvelle falsification encore plus vulgaire. Pour Platon, c’est la preuve que l’esprit humain vit dans l’illusion, mais qu’en plus il s’y conforte et appelle cela de l’art. Quel but se propose la peinture relativement Ă  chaque objet. Est-ce de reprĂ©senter ce qui est tel qu’il est, ou ce qu’il paraĂźt tel qu’il paraĂźt ; est-ce l’imitation de l’apparence ou de la rĂ©alitĂ© ? » Platon, La RĂ©publique pages 389-369. Platon prĂ©fĂ©rait les images Ă©gyptiennes, schĂ©matisĂ©es par notre esprit et donc plus proche des concepts et des idĂ©es intelligibles. Ces images se voulant informatives n’avaient aucune prĂ©tention Ă  copier le rĂ©el, mais plutĂŽt de le signifier, de le suggĂ©rer pour que cette derniĂšre se matĂ©rialise en concept dans l’esprit des regardeurs. Vase grec, Hercule combattant le gĂ©ant. MosaĂŻque grecque de La Chasse au lion. DĂ©tail du visage d’HĂ©phaĂŻstos. MusĂ©e archĂ©ologique Palais de Pella entre 330 et 310 av. Quoi qu’il en soit, les grecs ont conçu et rĂ©alisĂ© les cryptogrammes significatifs des formes en relief, diffĂ©rents des silhouettes aplaties, par l’utilisation d’un code Ă  trois tons pour le modelĂ© de la lumiĂšre et des ombres. Un rapport de contrastes essentiel pour donner une impression de dĂ©tachement illusoire que l’on retrouve sur les vases et autre amphore de l’époque. Ce cryptogramme se retrouve Ă©galement dans la technique des mosaĂŻques oĂč l’artifice des quatre gradations » suggĂšre une forme dans l’espace souvent en trompe-l’Ɠil. Le trompe-l’Ɠil qui est pour la premiĂšre fois citĂ© dans la GrĂšce antique par Pline l’Ancien qui rapporte que Zeuxis avait peint des grappes de raisin d’une telle vraisemblance que les oiseaux se jetaient dessus pour tenter de les picorer. Cette anecdote, restĂ©e cĂ©lĂšbre, rĂ©sume toute l’intelligence d’un art de la dĂ©lectation et de la duperie, qui bluffe Ă  la fois le regard et l’esprit car le trompe-l’Ɠil est avant tout une gĂ©omĂ©trie de la pensĂ©e. Le ParthĂ©non de l’acropole d’AthĂšnes, construit de 447 Ă  432 av. d’aprĂšs les plans des architectes Ictinos, CallicratĂšs et Phidias utilise Ă©galement le trompe-l’Ɠil » par souci d’équilibre et de proportions, afin de rectifier les dĂ©formations dues Ă  une vision non frontale de l’édifice et le rendre le plus parfait possible. Sa structure est convexe, et ses colonnes sont lĂ©gĂšrement bombĂ©es et ont Ă©tĂ© lĂ©gĂšrement inclinĂ©es vers l’intĂ©rieur de la construction pour paraĂźtre droite. Afin de paraĂźtre Ă©quidistantes, d’autres colonnes Ă©taient inĂ©galement espacĂ©es. Le socle, les marches et le fronton sont convexes. De plus, les colonnes d’angle ont un diamĂštre plus important pour ne pas paraĂźtre plus petites. Sachant que les longues lignes horizontales semblent s’arquer, bien qu’elles soient parfaitement droites, les architectes ont courbĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment des Ă©lĂ©ments horizontaux et ont grossi » les colonnes au centre pour compenser les irrĂ©gularitĂ©s de l’Ɠil humain. Cet Ă©paississement au centre donne l’impression que les colonnes ploient un peu sous le poids du toit, rendant le temple moins statique, plus dynamique. Bien que les lignes et les distances du ParthĂ©non semblent droites et Ă©gales, la gĂ©omĂ©trie a Ă©tĂ© modifiĂ©e pour crĂ©er cette illusion. On dit que dans cet Ă©difice rien n’est ce qu’il semble ĂȘtre ». L’art romain La peinture de l’AntiquitĂ© grecque et romaine est moins connue que la sculpture et l’architecture car il en reste trĂšs peu. Nous en avons de trĂšs beaux restes avec les peintures murales de PompĂ©i, ensevelies par l’éruption du VĂ©suve en 79 aprĂšs Le IIe style pompĂ©ien 80 av. – 20 av. est le plus illusionniste et relĂšve d’une grande sophistication, avec ses scĂšnes théùtrales, ses Ă©lĂ©ments architecturaux en perspective, ses trompe-l’Ɠil et ses mĂ©galographies peintures panoramiques fantaisistes. Les stucs sont abandonnĂ©s au profit des seules surfaces peintes. On y retrouve des scĂšnes figuratives tout en Ă©tant irrĂ©alistes, des fausses architectures, des jardins Ă  la nature recomposĂ©e, des tableaux intĂ©grĂ©s dans le tableau, des peintures imitant une peinture. Dans cet art total, la mise en abyme est constante. Le IVe style pompĂ©ien Ă  partir de 62 ap. le dernier et le plus rĂ©pandu, est une synthĂšse baroque » des trois styles prĂ©cĂ©dents qui reprend les procĂ©dĂ©s illusionnistes, les architectures fantaisistes et les Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs. L’art du théùtre, trĂšs dĂ©veloppĂ© dans la Rome antique, fera Ă©galement appel aux peintres pour rĂ©aliser des dĂ©cors. L’influence théùtrale va faire progresser cette peinture dans la reprĂ©sentation de l’espace. Pour crĂ©er l’illusion de la troisiĂšme dimension le volume et la profondeur, les peintres fresquistes romains utilisent la technique de la perspective linĂ©aire. Pour rendre le volume des corps et des objets, ils utilisent le modelĂ© de tons ». Par ces procĂ©dĂ©s, l’artiste romain cherchait Ă  rendre l’illusion que le mur n’existe pas ; des espaces ouverts sur l’extĂ©rieur par des fenĂȘtres » ou des murs percĂ©s ». Cet illusionnisme romain » utilisait Ă©galement le trompe-l’Ɠil pour imiter diffĂ©rentes matiĂšres ou de revĂȘtements comme le marbre. Les artisans mosaĂŻstes seront Ă©galement friands de ce procĂ©dĂ©. Le trompe-l’Ɠil trouve son origine dans les fresques et mosaĂŻques antiques. Le rĂ©cit le plus ancien qui marque le dĂ©but du trompe-l’Ɠil est celui de l’écrivain romain Pline l’Ancien 23-79 aprĂšs Il rapporte dans son Histoire naturelle comment le peintre grecque Zeuxis 464-398 av JC, dans une compĂ©tition qui l’opposait au peintre Parrhasius, avait reprĂ©sentĂ© des raisins si parfaits que des oiseaux vinrent voleter autour. Si l’AntiquitĂ© est le point de dĂ©part de cette illusion parfaite, la Renaissance et le ManiĂ©risme vont amplifier ce phĂ©nomĂšne avant que la pĂ©riode Baroque n’en fasse un genre Ă  part entiĂšre virtuose et inĂ©galĂ©. La bibliothĂšque de Celsus Ă  EphĂšse en Turquie 135 aprĂšs JC., conçue par l’architecte romain Vitruoya a Ă©tĂ© construite sur un terrain Ă©troit entre des bĂątiments existants en mĂ©moire de Celsus Polemeanus, qui Ă©tait un sĂ©nateur romain, gouverneur gĂ©nĂ©ral de la province d’Asie. MalgrĂ© l’étroitesse des lieux, la conception de la bibliothĂšque crĂ©e un effet monumental. A l’entrĂ©e se trouve une cour de 21 mĂštres de large pavĂ©e de marbre. Neuf marches mĂšnent Ă  une galerie de deux Ă©tages. Les frontons courbĂ©s et triangulaires sont supportĂ©s par une couche Ă  deux Ă©tages de colonnes appariĂ©es. Les colonnes centrales ont des chapiteaux et des chevrons plus grands que ceux de la fin. Cette disposition donne l’illusion que les colonnes sont plus Ă©loignĂ©es qu’elles ne le sont en rĂ©alitĂ©. Ajoutant Ă  cette illusion, le podium sous les colonnes pente lĂ©gĂšrement vers le bas sur les bords. Le Moyen Âge A partir du IVe siĂšcle, avec la fin de l’Empire romain d’occident, la tradition antique de la reprĂ©sentation est interrompue. L’Eglise se dĂ©veloppe et devient progressivement la religion dominante. Elle se mĂ©fie de la reprĂ©sentation et de l’illusionnisme des images. Elle encourage plutĂŽt une reprĂ©sentation narrative ou symbolique des sujets religieux. Sur la question de la reprĂ©sentation de l’espace, l’art des images au Moyen Ăąge semblent reculer par rapport aux progrĂšs de la peinture romaine. Les artistes ne sont plus prĂ©occupĂ©s de donner l’illusion de la rĂ©alitĂ©. Ils cherchent plutĂŽt Ă  reprĂ©senter des rĂ©alitĂ©s Ă©ternelles ou Ă  raconter des histoires extraites de la Bible. Le rapport entre les personnages n’est plus spatial, mais symbolique par exemple, la taille des personnages n’indique pas leurs positions dans l’espace mais leur degrĂ© de dignitĂ© ou leur importance dans l’histoire qui est racontĂ©e. Le Christ, la Vierge ou les apĂŽtres sont souvent reprĂ©sentĂ©s beaucoup plus grands que les autres personnages. Ils semblent flotter dans un espace sans profondeur qui rappelle l’espace des fresques Ă©gyptiennes. Ce fond est souvent dorĂ©, l’or reprĂ©sentant l’espace cĂ©leste. La PrĂ©-Renaissance italienne A la fin du Moyen Âge, en Italie, aux pĂ©riodes des Duecento et Trecento, des peintres expĂ©rimentent de nouveaux moyens de donner l’impression de la profondeur. Ils introduisent plusieurs principes innovants dont le dĂ©veloppement d’une complexitĂ© architecturale Ă  la perspective empirique. Ambrozio Lorenzetti, l’Annonciation 1344. En 1344, Ambrozio Lorenzetti, peint une Annonciation qui est considĂ©rĂ©e comme une vĂ©ritable rĂ©volution dans l’Histoire de l’art. La Vierge et l’ange prennent place sur un vĂ©ritable plan de base reprĂ©sentant un carrelage de faĂŻence en damier. La taille des carreaux de faĂŻence diminue en s’éloignant du bord du tableau et les lignes de leur quadrillage semblent vouloir se rejoindre au centre, donnant ainsi l’impression d’un espace entre le bord et le fond. En rĂ©alitĂ©, nous ne sommes encore qu’aux balbutiements de la perspective la profondeur, dans le tableau de Lorenzetti, est trĂšs vite arrĂȘtĂ©e par le fond dorĂ©, persistance de la tradition ancienne. Giotto, Les sept vertus, la foi 1306. Giotto 1267-1337, peintre et architecte florentin, marque la rupture dĂ©finitive de la peinture avec la longue tradition byzantine depuis la fin du monde romain. Giotto est donc considĂ©rĂ© comme le crĂ©ateur de la tradition picturale occidentale. N’ayant aucune connaissance technique ni de l’anatomie, ni de la perspective, il a créé de nouveaux idĂ©aux de naturalisme et un nouveau sens de l’espace pictural. Giotto possĂ©dait une maĂźtrise de l’émotion humaine, un sens aigu de la vie humaine, grĂące auxquels il saura dĂ©peindre tous les sentiments en Ă©motions de l’ñme humaine. Son influence sera Ă©norme et dĂ©terminante et beaucoup d’artistes s’inspireront de son approche directe de l’expĂ©rience humaine. Giotto, Campanile de l’église Santa Maria del Fiore Florence, 1298-1349. En 1298, Giotto conçoit et rĂ©alise le cĂ©lĂšbre Campanile de l’église Santa Maria del Fiore Ă  Florence, mais dĂ©cĂšde en 1337, avant la fin des travaux en 1349. Avec cet ouvrage monumental, il utilise le trompe-l’Ɠil pour harmoniser les proportions et rĂ©tablir la dĂ©formation naturelle due au point de vue, la moitiĂ© supĂ©rieure de l’édifice Ă©tant plus large que la moitiĂ© infĂ©rieure. Giotto. Fresque en trompe-l’Ɠil reprĂ©sentant un lustre en fer forgĂ© Ă  la Chapelle des Scrovegni. Padoue 1305. Giotto. Fresques de la vie de Saint-François Ă  Assise. Le frĂšre Agostino et l’évĂȘque d’Assise sont informĂ©s en songe de la mort de François 1182-1226. Les fresques de la vie de Saint-François Ă  Assise peintes par Giotto 1182-1226, ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es selon la technique du trompe-l’Ɠil, depuis le rideau peint au-dessus des scĂšnes de la vie du saint jusqu’au cadre architectural fictif qui encadre chacune d’elles. Les scĂšnes utilisent les principes de la perspective. La Renaissance italienne Sous l’impulsion de la peinture du florentin Giotto, adepte de l’illusion picturale et de raccourcis savants, le mouvement de la Renaissance Quattrocento et Cinquecento 1420-1530 rĂ©volutionna l’histoire de la reprĂ©sentation en mettant Ă  jour, en autre, une loi mathĂ©matique cruciale. Avec l’invention de la perspective c’est la remise en cause de l’espace qui est en jeu, dans tous les domaines de l’art. La pensĂ©e du thĂ©oricien Leon Battista Alberti 1404-1472 a Ă©tĂ© dĂ©terminante dans l’éclosion de ce nouvel ordre urbain illusoire. L’espace reprĂ©sentĂ© ne commence plus aux limites du tableau, mais semble se poursuivre au-delĂ . Les peintres inventent la perspective centrale qui fonctionne avec un point de fuite vers lequel toutes les lignes de fuite du tableau se rejoignent pour un rĂ©sultat hautement illusionniste. Masaccio, TrinitĂ© 1427–1428 ParallĂšlement aux recherches d’Alberti, Filippo Brunelleschi 1377-1446 est considĂ©rĂ© comme l’inventeur de la perspective, de la formulation du principe perspectif. Il reformule et concrĂ©tise les principes mathĂ©matiques de la perspective linĂ©aire, dĂ©jĂ  observĂ©s dans la peinture antique. Les lignes parallĂšles, visuellement, se rejoignent dans un point de fuite, situĂ© sur l’horizon, ainsi tous les objets et personnages reprĂ©sentĂ©s dans l’espace pictural rĂ©trĂ©cissent en s’éloignant. Brunelleschi inventera, dans la foulĂ©e, la perspective des futurs peintres de la Renaissance Andrea Mantegna, Piero della Francesca, Masaccio, Uccello, Botticelli, Michel-Ange, VĂ©ronĂšse, LĂ©onard de Vinci
. La perspective devient bientĂŽt une loi commune Ă  la nature et Ă  la forme artistique, un art total. La nature est maintenant créée et ordonnĂ©e par l’artiste qui se trouve au centre du monde. Avec l’arrivĂ©e de la peinture Ă  l’huile, inventĂ©e par Jan van Eyck, les effets de matiĂšre, marbre, or, cuivre, argent, bois sont poussĂ©s au paroxysme du plaisir de troubler les sens. Andrea Mantegna, adepte de raccourcis anatomiques virtuoses, a volontairement conçu la perspective de certains tableaux religieux de telle sorte que le point de vue correct se trouve bien au-dessus des yeux de tout fidĂšle, en contre-plongĂ©e, afin de crĂ©er un sentiment de spiritualitĂ© chez les observateurs. FascinĂ© par les marbres antiques qui surgissaient du sol romain, Mantegna modĂšle Ă©galement ses figures en utilisant ce que Pline l’Ancien avait appelĂ© color lapidum, la couleur de pierre. Andrea Mantegna, Saint-Jacques conduit au supplice 1453-1457. Andrea Mantegna, Lamentation sur le Christ mort 1490. Andrea Mantegna, Camera degli Sposi, fresque du palais Ducal 1470. Uccello est adepte de figures gĂ©omĂ©trisĂ©es Ă  l’extrĂȘme, de jeux bizarres et trĂšs personnels avec les rĂšgles de la perspective et d’images chronoscopiques bien avant l’heure. Il veut mettre la perspective au service d’une dynamique et non au service de l’illusion d’un espace en trois dimensions. Il est donc prĂȘt Ă  abuser de la thĂ©orie de ses contemporains Alberti et Brunelleschi, prĂȘt Ă  commettre des fautes d’optique ou des bizarreries pour privilĂ©gier le Temps par rapport Ă  l’Espace, autrement dit pour transcrire le mouvement. Cette volontĂ© est prĂ©sente d’un bout Ă  l’autre de sa production et s’impose comme la marque de son Ɠuvre. Paolo Uccello, La Bataille de San Romano 1456. La CitĂ© idĂ©ale peinte vers entre 1475 et 1480 est une perfection en matiĂšre de perspective centrale. L’espace est reprĂ©sentĂ©e de maniĂšre convaincante et pourtant, il y a quelque chose d’irrĂ©el, de trop parfait dans cette citĂ© aux proportions trop rĂ©guliĂšres et visiblement inhabitĂ©e
 La CitĂ© idĂ©ale de Baltimore, d’Urbino et de Berlin 1475-1480. Dans l’Annonciation 1437 de Fra Angelico, la visite de l’ange a lieu dans une vraie architecture et on aperçoit sur la gauche un jardin qui semble se poursuivre au-delĂ  du bord. Fra Angelico, l’Annonciation 1437. Dans l’Annonciation 1440-1442 de Filippo Lippi, le peintre a voulu donner le maximum de profondeur Ă  son tableau et le regard se perd dans le lointain. Dans La Vierge Ă  l’enfant avec deux anges 1437-1465 l’illusion de la profondeur est renforcĂ©e par un fauteuil en trompe-l’Ɠil qui sort d’un tableau. Filippo Lippi, l’Annonciation 1440-1442. Filippo Lippi, Vierge Ă  l’Enfant avec deux anges 1465. TrĂšs vite, certains peintres comme LĂ©onard de Vinci, qui utilise lui aussi la perspective, vont remettre en question la perspective comme moyen unique et absolu de reprĂ©senter la profondeur. Selon eux, la perception que nous avons de l’espace n’est pas aussi mathĂ©matique dans la rĂ©alitĂ©. L’espace du paysage qui constitue le fond de la Joconde, qu’il peint vers 1506, n’est pas un espace cohĂ©rent il n’y a pas de continuitĂ© entre la partie Ă  droite du visage de Mona Lisa et la partie Ă  gauche. Leonard de Vinci a le secret de composer des ĂȘtres fantastiques dont l’existence devient probable 
. Il fait un christ, un ange, un monstre en prenant ce qui est connu, ce qui est partout, dans un ordre nouveau, en profitant de l’illusion et de l’abstraction de la peinture, laquelle ne produit qu’une seule qualitĂ© des choses, et les Ă©voque toutes. » Paul Valery La chapelle Sixtine peinte par Michel-Ange entre 1508 et 1512 au Vatican Ă  Rome est le plus vaste trompe-l’Ɠil de l’histoire. Les villas de Toscane et de Venise se rapprochent des peintures illusionnistes contemporaines. Les murs nus s’habillent d’architectures somptueuses. Dans les dĂ©cors peints entre 1560 et 1561 par VĂ©ronĂšse Ă  la villa Barbaro, en VĂ©nitie, la fiction s’éprend de la rĂ©alitĂ©, et l’Ɠil ne saurait dire oĂč commence la feinte et oĂč s’arrĂȘte la paroi. En levant les yeux, on aperçoit des balustrades sur lesquelles se penchent des personnages qui Ă©pient le visiteur. Il s’agit non seulement de crĂ©er un Ă©crin, mais de composer une scĂ©nographie dans laquelle l’observateur est pris Ă  partie. Andrea Palladio 1508-1580, l’une des figures majeures de la Renaissance italienne, a conçu Le Théùtre Olympique de Vicence, inaugurĂ© en 1585. Une Ɠuvre d’art unique entiĂšrement construite en trompe-l’Ɠil suivant les principes de la perspective et du tout nouveau courant artistique baroque. L’Allemagne aura Ă©galement sa pĂ©riode de Renaissance aux XVe et XVIe siĂšcle avec Albrecht DĂŒrer, thĂ©oricien de la gĂ©omĂ©trie de la perspective linĂ©aire, qui utilise la grisaille et les lignes du dessin pour crĂ©er l’illusion de la profondeur dans ses Ă©tudes sur les mains, drapĂ©es et autre crĂąne. Albrecht DĂŒrer, CrĂąne 1521. L’anamorphose Pour Brunelleschi, il est essentiel que la reprĂ©sentation soit dĂ©finie Ă  partir d’un point de vue unique et constant. C’est ce point de vue qui est au centre de l’anamorphose, qui est une dĂ©rive de la perspective, une dĂ©formation rĂ©versible d’une image Ă  l’aide d’un systĂšme optique tel un miroir courbe ou un procĂ©dĂ© mathĂ©matique. Cette perspective dĂ©pravĂ©e » rĂ©sulte des applications des travaux de Piero della Francesca 1412-1492. Cet art de la perspective secrĂšte » dont parle DĂŒrer connaĂźt des applications multiples, dans le domaine de l’architecture et du trompe-l’Ɠil pictural dont le baroque abusera. Depuis les Ɠuvres chinoises datant de la dynastie Ming 1368-1644 et la toile Les Ambassadeurs 1533 de Hans Holbein le jeune, le procĂ©dĂ© anamorphique est prĂ©sent dans l’histoire des arts. Hans Holbein, Les Ambassadeurs 1533. L’anamorphose est une image codĂ©e, une quintessence de la forme, une prouesse technique qui produit du sens et de la poĂ©sie comme le dit Jurgis Baltrusaitis dans son ouvrage Anamorphose 1955 Ce procĂ©dĂ© est Ă©tabli comme une curiositĂ© technique, mais il contient une poĂ©tique de l’abstraction, un mĂ©canisme puissant de l’illusion optique et une philosophie de la rĂ©alitĂ© factice. » Erhard Schon, Portraits en anamorphoses de Charles V, Ferdinand I, Pape Paul III et Francis I 1535. L’anamorphose refera surface avec des artistes plasticiens contemporains utilisant ce procĂ©dĂ© dans leurs Ɠuvres sous diffĂ©rents supports comme Felice Varini avec la peinture spatiale, Georges Rousse avec la photographie, Markus Raetz et Tjeerd Alkema avec la sculpture, Bernard Pras, Shigeo Fukuda, Diet Wiegman, Tim Noble et Sue Webster avec leur sculpture-installation de lumiĂšre composite. L’art Flamand L’Ɠuvre de Jan van Eyck 1390-1441 est frappante par son rĂ©alisme. Bien que cela soit dĂ©jĂ  une caractĂ©ristique de la peinture flamande, la prĂ©cision et la maĂźtrise des dĂ©tails atteignent avec lui un niveau allant jusqu’à la perfection. L’atmosphĂšre gĂ©nĂ©rale de ses tableaux provient de ses Ă©clairages, des jeux d’ombre et de lumiĂšre, qui donnent les volumes et matĂ©rialisent l’espace. Jan van Eyck. Triptyque de Dresde ouvert et fermĂ© 1437. L’illusion de la profondeur est chez lui, le rĂ©sultat de l’utilisation de la perspective atmosphĂ©rique au sein d’une composition souvent Ă  deux points de fuite. Il invente Ă©galement un liant qu’il utilise avec la peinture Ă  l’huile et qui lui permet de crĂ©er un aspect brillant et de travailler les transparences. La perspective et de la lumiĂšre caractĂ©rise l’art de Van Eyck qui est un prĂ©curseur dans ce domaine. La lumiĂšre qui traverse la vitre modĂšle les formes avec dĂ©licatesse et crĂ©e la sensation d’espace ; le cadre architectonique et le recours au miroir au fond de la piĂšce donnent l’illusion de la profondeur. Cependant, l’anamorphose du miroir et l’inscription calligraphiĂ©e sont une nĂ©gation de l’illusion de profondeur. Van Eyck opĂšre comme un retournement de l’espace reprĂ©sentĂ©, il fait obstacle au regard du spectateur et lui interdit de se laisser glisser mentalement dans l’illusion. Jan van Eyck, Les Époux Arnolfini 1434. Avec Les Époux Arnolfini 1434, la perspective de Van Eyck dit autre chose plus symbolique que naturaliste, ainsi plusieurs points de fuite coexistent dans la reprĂ©sentation spatiale celle de la fenĂȘtre aboutit sur le cƓur de l’épouse, celle du lit sur le cƓur de l’époux, celle du peintre et de l’observateur et du reste du dĂ©cor, planche, meuble
 sur le miroir, une dĂ©monstration en somme en Ă©panorthose de l’affirmation des Florentins et d’Alberti en particulier qui se disent alors inventeurs de la perspective ». Le tableau, peut se lire comme la premiĂšre mise en garde contre les mirages et les dĂ©rives de la perspective. Jan van Eyck, l’Annonciation 1433. InspirĂ© par la prĂ©ciositĂ© des retables de dĂ©votion an ivoire, l’artiste flamand peint le diptyque de l’Annonciation 1433 tel un trompe-l’Ɠil sculptural virtuose qui dĂ©borde du cadre. La vierge et l’archange Gabriel se dĂ©tachent du fond comme deux figures tridimensionnelles peintes en grisaille, comparables Ă  des sculptures. Peindre dans une gamme chromatique restreinte s’apparente Ă  un geste d’émancipation, un acte libĂ©rateur qui permet Ă  l’artiste de se concentrer sur une esthĂ©tique purement formelle. Le maniĂ©risme Le maniĂ©risme 1520-1580 se dĂ©veloppe avec la contre-rĂ©forme et dĂ©ploie des artifices au niveau des personnages et dans l’insertion de motifs insolites. Ce courant contestataire aime Ă  rompre avec les codes de la Renaissance tout en les rĂ©interprĂ©tant, Ă  dĂ©former les corps et les paysages en utilisant l’anamorphose comme base esthĂ©tique. Les peintres maniĂ©ristes renoncent Ă  reprĂ©senter un espace cohĂ©rent et rĂ©aliste Des artistes comme le Parmesan, le Pontormo, le Tintoret, Cellini et le Greco sont passĂ©s maĂźtres dans la reprĂ©sentation de scĂšnes bibliques Ă©tranges et exacerbĂ©es, utilisant une dĂ©formation organique et spatiale ainsi qu’une exploitation surrĂ©aliste et acide de la couleur. DomĂ­nikos TheotokĂłpoulos le Greco, L’immaculĂ©e conception. Chapelle Oballe de l’église San Vicente Ă  TolĂšde 1608-1613. Girolamo Francesco Maria Mazzola le Parmesan, Autoportrait au miroir convexe 1524. Dans la DĂ©position de Croix de Pontormo 1527, nous voyons un groupe de personnage se tenir sur un sol Ă  peine esquissĂ© qui remplit tout l’espace du tableau dans des teintes pastel irrĂ©elles. Jacopo Robusti le Tintoret, Le miracle de Saint Marc dĂ©livrant l’esclave 1548. Chez le Tintoret, les compositions sont surprenantes, jouant avec la perspective, usant de contre-plongĂ©e audacieuses, multipliant les points de vue et dĂ©tournant les rĂšgles de la reprĂ©sentation illusionniste pour donner Ă  voir la vie et traduire les tourments de l’ñme. Le cĂ©lĂšbre biographe Vasari dĂ©crit l’artiste comme le plus terrible esprit qu’ait jamais connu la peinture
 Il est allĂ© plus loin que l’extravagance, par la bizarrerie de ses inventions ». Pour Paolo Pino, si le Titien et Michel-Ange ne faisaient qu’un, c’est-Ă -dire la couleur alliĂ©e au dessin, on pourrait appeler cet homme le Dieu de la peinture. » Giuseppe Arcimboldo, Vertumne 1590 Dans cette mouvance, Arcimboldo rĂ©alise des images composites Ă  double sens qui oscillent entre le fantastique et le trĂšs connu, comme la sĂ©rie des Quatre saisons avec ses fruits et lĂ©gumes reprĂ©sentant des portraits humains. Selon que l’observateur soit proche ou non du tableau, il reçoit deux images diffĂ©rentes. C’est aussi le cas avec ses images rĂ©versibles. L’éloignement et la proximitĂ© sont fondateurs de sens et mettent Ă  jour l’allĂ©gorie de l’Ɠuvre. Le peintre et graveur flamand Marcus Gheeraerts l’Ancien 1520-1590 utilisera la technique de l’image composite dans L’allĂ©gorie des Iconoclastes 1566–1568. L’image composite maniĂ©riste se dĂ©veloppera Ă  travers les siĂšcles suivant, jusqu’à nos jours avec les accumulations et la classification d’objets industriels du britannique Tony Cragg ou les compositions de matĂ©riaux disparates qui constituent une figure de l’illusionniste low-tech » et photographe brĂ©silien Vik Muniz. Hendrik Goltzius, Icare 1588. Le peintre, dessinateur et graveur nĂ©erlandais Hendrik Goltzius 1558-1617 s’est illustrĂ© dans de rares et Ă©tonnants grands formats de pen paintings, ou copies au crayon sur toile, de ses propres gravures. Entre 1593 et 1594 Goltzius rĂ©alise un cycle de six planches – connu sous le nom de chef-d’Ɠuvre de Goltzius » oĂč il s’applique Ă  reproduire les styles des maĂźtres tels que DĂŒrer, Lucas de Leyde, le Baroche, le Parmesan, RaphaĂ«l ou le Bassan dans une dĂ©marche de copiste Ă  la limite du faussaire. La transmogrification » issue du maniĂ©risme consiste Ă  crĂ©er des reprĂ©sentations Ă  la fois familiĂšres et monstrueusement transformĂ©es. Nous retrouvons ces anomalies » dans les visages et les corps du Greco et plus tard, au XXe siĂšcle, dans les figures longilignes de Modigliani, les sculptures filiformes de Giacometti, les personnages dĂ©formĂ©s de Francis Bacon ou les objets gigantesques de Claes Oldenburg. Le baroque L’ñge baroque XVIe-XVIIe aura Ă©tĂ© l’apothĂ©ose de l’utilisation des techniques illusoires et du trompe-l’Ɠil. La virtuositĂ© atteint alors son comble et doit beaucoup aux techniques de la perspective et du clair-obscur utilisĂ©es. Un style exubĂ©rant, dĂ©coratif et riche de mouvements qui vampirisera la littĂ©rature, la musique, le théùtre, l’architecture, la peinture et la sculpture jusqu’à les confondre. La peinture se mue en architecture et l’architecture en sculpture. Les formes artistiques explorent les limites de leur expression et les dĂ©passent en une fusion affolant les sens. Baldassarre Perruzi, Le salon des Perspectives Villa Farnesina, Rome, 1507-1511. Le Baciccio Giovanni Battista Gaulli. Le Triomphe du nom de JĂ©sus. Eglise du GesĂč Ă  Rome 1672-1683. Francesco Borromini, La perspective de Borromini. Galerie du palais Spada 1652-1653. L’art baroque est un art total, un art de mise en scĂšne oĂč la scĂ©nographie et la théùtralitĂ© sont les vecteurs de l’expĂ©rience immersive qui met le regardeur-spectateur au centre de l’Ɠuvre. Anamorphoses, effets de perspective, trompe-l’Ɠil, espaces concaves et convexes, mouvement intĂ©rieur, composition en vrille et diagonale, ombre et lumiĂšre, seront des techniques utilisĂ©es par les stars de ce mouvement polymorphe comme le Bernin, Borromini, le Baciccio, Andrea Pozzo, le Caravage. Gian Lorenzo Bernini le Bernin, L’Extase de sainte ThĂ©rĂšse. Eglise Santa Maria della Vittoria de Rome 1647-1652. Andrea Pozzo, Fresques Actes d’Hercule et son apothĂ©ose Viennes, 1704. Caravage, MĂ©duse. Huile sur cuir marouflĂ© sur bouclier en peuplier. MusĂ©e des Offices, Florence 1597-1598. Le Caravage, peint des personnages certes trĂšs rĂ©alistes, mais dans un dĂ©cor nocturne d’oĂč toute notion d’espace a disparu. Joos de Momper, Winter 1600-1630. Le XVIIe verra Ă©galement apparaĂźtre de troublants paysages anthropomorphes comme ceux de Merian MatthaĂŒs 1593-1650 et Joos de Momper 1564-1635, ou des images cachĂ©es apparaissent dans une double lecture. Ce procĂ©dĂ© est l’hĂ©ritage des paysages fantastiques chinois et des miniatures Indo-Persanes. Image composite moghole reprĂ©sentant un Ă©lĂ©phant montĂ© par un gĂ©nie Ă  tĂȘte de bouquetin dĂ©tail, XVIIe siĂšcle. Dans la continuitĂ© du maniĂ©risme, les peintres Moghols dĂ©velopperont de fascinantes images d’animaux composites
 Bien plus tard, aux XIXe siĂšcle, le peintre et graveur japonais Utagawa Kuniyoshi sera un adepte des images composites dans certains de ses travaux. Cornelis Norbertus Gysbrechts, Trompe-l’oeil d’un placard ouvert 1665. Le flamand Cornelis Norbertus Gysbrechts 1630-1675 sera le principal reprĂ©sentant du trompe-l’oeil pictural spĂ©cialisĂ© dans les natures mortes et les vanitĂ©s au XVIIe siĂšcle. Les artistes nĂ©erlandais du XVIIe peindront l’intĂ©rieur de boĂźtes appelĂ©es coffrets de perspective » ou boĂźtes d’optique » de telle sorte qu’en regardant Ă  l’intĂ©rieur, Ă  travers un trou situĂ© au centre de la projection, on voie une scĂšne tridimensionnelle qui s’étend bien au-delĂ  des limites de la boĂźte. Le peintre, graveur et poĂšte Samuel van Hoogstraten adepte du trompe-l’Ɠil dans ses peintures et natures-mortes utilisera ses connaissances en perspective, les effets de trompe-l’Ɠil et les distorsions de l’anamorphose pour construire ses boĂźtes d’optique » comme celle avec des vues intĂ©rieures d’une maison nĂ©erlandaise 1655-1660 qui peut ĂȘtre observĂ©e par des orifices situĂ©s de chaque cĂŽtĂ© de la boĂźte. Le siĂšcle des LumiĂšres Au XVIIIe siĂšcle, pĂ©riode charniĂšre de transition entre le classicisme et le nĂ©o-classicisme, voit apparaĂźtre le mouvement rococo qui, comme le baroque, va se propager Ă  l’architecture, la peinture, la sculpture et les arts dĂ©coratifs. Stylistiquement, le rococo dĂ©ploie une profusion d’ornementations, un Ă©clatement de toutes formes de structures et un condensĂ© de sensations fugitives. La dĂ©coration intĂ©rieure est la plus significative de ce style et se dĂ©veloppe en France et surtout en BaviĂšre. En Italie, le rococo est rattachĂ© aux derniers artistes du baroque comme Borromini ou Guarini. Le vĂ©nitien Giovanni Battista Tiepolo 1696-1770, spĂ©cialiste des fresques en trompe-l’Ɠil dĂ©veloppe tout son art du raccourci dans les palais et les Ă©glises Ă  Venise et en BaviĂšre. Giovanni Battista Tiepolo, AllĂ©gorie du MĂ©rite AccompagnĂ©e de la Noblesse et de la Vertu 1757-1758. Le peintre flamand Martin-Joseph Geeraerts 1707-1791 fĂ»t un grand maĂźtre de l’illusionnisme spĂ©cialisĂ© dans un type de peinture en grisaille imitant avec brio les bas-reliefs de l’antiquitĂ© ou les sculptures monumentales de ses contemporains. Martin-Joseph Geeraerts, Jeux d’enfants grisaille. Martin-Joseph Geeraerts, Ensemble de grisailles de la cathĂ©drale Notre-Dame de Cambrai Ă  Arras 1756-1760. Les neuf grisailles de la CathĂ©drale Notre-Dame de Cambrai sont des piĂšces artistiques majeures rĂ©alisĂ©es par Geeraerts entre 1756 et 1760. ExĂ©cutĂ©es d’aprĂšs Rubens, elles sont en trompe-l’Ɠil et reproduisent superbement l’effet de la sculpture. Les quatre grisailles du transept Saint-Joseph mettent en scĂšne la Passion du Christ, les quatre autres, dans de la chapelle Notre-Dame de GrĂące, illustrent des scĂšnes de la vie de Marie. La neuviĂšme se trouve dans la sacristie de la cathĂ©drale. Ces grisailles ont Ă©tĂ© emportĂ©es par les Allemands lors de leur retraite en 1918. On les a retrouvĂ©es Ă  Bruxelles avec d’autres Ɠuvres d’art. Elles Ă©taient de retour Ă  Cambrai en avril 1919. PiranĂšse. Les Prisons imaginaires, planche XIV. Estampe 1750. Giovanni Battista Piranesi fut un grand crĂ©ateur de dĂ©cors fantastiques. Il rompit volontairement avec les lois de la perspective pour jouer avec les limites du possible en crĂ©ant des anomalies architecturales. William Hogarth 1697–1764 – Fausse perspective 1754. MatthĂ€us Merian, double portrait extrait de Basel’s dance of death. Gravure sur cuire de Jacques Antony Chovin 1744-1789. Le XIXe siĂšcle Louis-LĂ©opold Boilly 1761-1845, peintre des LumiĂšres aux talents multiples et Ă  l’humour humaniste, Ă©tait un virtuose du portait, des scĂšnes de genre et du trompe-l’Ɠil. Trompe-l’Ɠil qu’il est le premier Ă  se rĂ©clamer avec ses peintures en 1800. Grand amateur de théùtre et d’optique, Boilly provoque la rĂ©tine avec une toile imitant de façon hallucinante, dans un cadre factice, un amas de dessins et de gravures aux feuilles lĂ©gĂšrement cornĂ©es dont un autoportrait de lui hilare. Ses Trompe-l’Ɠil sont bluffants comme son Chat gourmand, des tables de jeu littĂ©ralement renversantes et des peintures encadrĂ©es dont le verre semble brisĂ©. Louis-LĂ©opold Boilly, Trompe-l’oeil avec un chat et une bĂ»che de bois Ă  travers une toile, poissons suspendus de la civiĂšre. Louis-LĂ©opold Boilly, Trompe-l’oeil aux piĂšces de monnaie, sur le plateau d’un guĂ©ridon 1808-1814. Au XIXe siĂšcle, le peintre, aquarelliste et graveur catalan Pere Borrell del Caso se fera principalement connaĂźtre pour ses tableaux en trompe-l’Ɠil, dont le cĂ©lĂšbre Escapando de la crĂ­tica 1874. Pere Borrell del Caso, Niñas riendo 1880. Utagawa Kuniyoshi, Man made of men. Image composite 1847. L’art moderne La peinture impressionniste apparaĂźt officiellement en 1872 lorsque Claude Monet peint Impression Soleil Levant, Ɠuvre qui donnera son nom au mouvement. Un mouvement qui rejeta le classicisme, l’acadĂ©misme et le processus de la mimesis instaurĂ©s durant des siĂšcles en les remplaçant par un ressenti subjectif et perceptif des choses. Pour reprĂ©senter la nature, l’artiste se fie Ă  ses impressions. Le pointillisme ou divisionnisme est instaurĂ© par Georges Seurat dans les annĂ©es 1880. Ce mouvement est classĂ© dans un courant artistique dit nĂ©o-impressionniste ». C’est un procĂ©dĂ© de petites touches de couleur juxtaposĂ©es qui donne l’illusion d’une image figurative, observĂ©e Ă  la bonne distance. Une technique utilisĂ©e depuis le XVIe siĂšcle mais montĂ©e en systĂšme par Paul Signac. Georges Seurat, La Seine Ă  Courbevoie dĂ©tail, 1885. Le cubisme 1907-1921 reprĂ©sentĂ© par Pablo Picasso et Georges Braque redĂ©finira la peinture figurative en la projetant dans une multitude de points de vue, dĂ©composant et rassemblant les objets et les figures humaines, pour annoncer l’art abstrait de Kandinsky. Pablo Picasso, Portrait d’Amboise Vollard 1909-1910. Le surrĂ©alisme instaurĂ© par AndrĂ© Breton en 1924 est dĂ©fini comme un automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par Ă©crit, soit de toute autre maniĂšre, le fonctionnement rĂ©el de la pensĂ©e. DictĂ©e de la pensĂ©e, en l’absence de tout contrĂŽle exercĂ© par la raison, en dehors de toute prĂ©occupation esthĂ©tique ou morale [
] ». La psychĂ©, le rĂȘve, les croyances, l’ésotĂ©risme et la magie dirigent ce mouvement. Salvador Dali, Ballerine et TĂȘte de Mort 1939. RenĂ© Magritte, La reproduction interdite 1937. Les Ɠuvres surrĂ©alistes aiment les devinettes et les puzzles visuels. L’image se double, s’inverse devient ambiguĂ« dans une mise en abyme ludique. RenĂ© Magritte, Max Ernst, Man Ray et surtout Salvador Dali exploitent des rebus polymorphes Ă  plusieurs entrĂ©es d’interprĂ©tations. Les illusions d’optique En parallĂšle des dĂ©couvertes sur la persistance rĂ©tinienne qui produira de nombreux jouets optiques crĂ©ant l’illusion du mouvement ou du relief, dans les annĂ©es 1860, psychologues, physiologistes et physiciens allemands produisent une Ă©tonnante sĂ©rie d’illusions d’optiques comme Adolf Fick, Johann Karl Friedrich Zöllner, Johann Christian Poggendorff et Ewald Hering. Plus tard, les psychologues Franz MĂŒller-Lyer, Hermann Ebbinghaus, Edward Bradford Titchener, James Fraser et Mario Ponzo produiront respectivement l’illusion MĂŒller-Lyer 1889, l’illusion Ebbinghaus 1901, la spirale de Fraser 1908 et l’illusion de Ponzo 1911. L’illusion de Zöllner 1860. L’avĂšnement du gestaltisme ou psychologie de la forme en 1890 initiĂ© par le philosophe autrichien Christian von Ehrenfels a dĂ©bouchĂ© sur une thĂ©orie selon laquelle les processus de la perception et de la reprĂ©sentation mentale traitent spontanĂ©ment les phĂ©nomĂšnes comme des formes globales. Les principales lois de la gestalt appartiennent au domaine visuel comme la loi de la bonne forme, de continuitĂ©, de la proximitĂ©, de similitude, de destin commun et de familiaritĂ©. Canard-lapin. figure ambigĂŒe rĂ©versible et bistable. Dessin publiĂ© dans le journal satirique munichois Fliegende BlĂ€tter 1892. William Hill, Une jeune fille et une vieille femme 1915. Caricature tirĂ©e d’une carte postale allemande de 1888. De nombreuses dĂ©couvertes optiques dans le domaine scientifique n’en finissent pas d’apparaĂźtre jusqu’à nos jours, comme L’illusion de Michael White 1979, L’illusion de Thatcher de Peter Thompson 1980, l’illusion de Pinna 1990, l’illusion d’Adelson 1995, ou l’illusion Rotating snakes de Akiyoshi Kitaoka 2003. Le temple des illusions regroupant les illusions de Zolner, Fraser, Hering et Ehrenstein. Nigel Rodgers, Illusions d’optique 1999. Connues depuis l’AntiquitĂ©, les illusions d’optique Ă©taient utilisĂ©es pour la construction des temples grecs et des pyramides bien avant qu’on en connaisse les causes. Elles surviennent naturellement ou sont créées dĂ©libĂ©rĂ©ment par des dispositifs qui utilisent certains principes de fonctionnement du systĂšme visuel humain. Ces perceptions sont aussi les expĂ©riences dont les neurosciences disposent pour expliquer la vision. On peut regrouper les illusions d’optiques en quatre grandes catĂ©gories les illusions cognitives, les illusions physiologiques, les curiositĂ©s optiques et les Ă©nigmes visuelles. Dans les illusions cognitives nous pouvons classer le rapport fond/forme, les illusions gĂ©omĂ©triques, l’effet Stroop, l’illusion de relief, l’illusion de lecture, les figures impossibles, les illusions faciales, les images fantĂŽmes, les ambigrammes. Dans les illusions physiologiques nous pouvons classer les images hybrides, les images rĂ©manentes, la 3D, la tĂąche aveugle, les mouvements virtuels, les effets de contraste et l’effet Troxler. Les nombreuses dĂ©couvertes optiques dans le domaine scientifique vont influencer un grand nombre d’artistes qui utiliseront ces principes d’illusions visuelles et paradoxes perceptifs dans leur travail. Oscar ReutersvĂ€rd, 132. Le triangle de Penrose, objet impossible conçu par le mathĂ©maticien anglais Roger Penrose dans les annĂ©es 1950, sera une figure essentielle des travaux de l’artiste Maurits Cornelis Escher. Cette figure a Ă©tĂ© dĂ©crite pour la premiĂšre fois en 1934 par le suĂ©dois Oscar ReutersvĂ€rd 1915-2002 qui est le premier Ă  avoir introduit les figures impossibles dans l’art. Elle a Ă©tĂ© redĂ©couverte par Penrose qui en publie le dessin dans le British Journal of Psychology en 1958. Dans cette mĂȘme publication nous retrouvons l’escalier de Penrose que reprendra Escher pour sa fameuse lithographie MontĂ©e et Descente 1960. Escher, MontĂ©e et Descente 1960. Maurits Cornelis Escher est connu, depuis les annĂ©es 1920, pour ses troublantes lithographies et ses dessins figurant des labyrinthes et des constructions impossibles. Un artiste populaire, rattachĂ© Ă  aucun mouvement artistique, qui expĂ©rimentait de nouvelles formes en travaillant les fausses perspectives, en dĂ©calant les angles de vue et en exploitant la relativitĂ© des points de fuite. Escher, Main se reflĂ©tant dans une sphĂšre 1935. Escher influencera un nombre incalculable d’artistes qui reprendront ses constructions et ses compositions illusionnistes dans des variations infinies jusqu’à nos jours. Entre image composite et paysage anthropomorphe, le travail rĂ©aliste magique du peintre et illustrateur canadien Rob Gonsalves en est le meilleur exemple. Rob Gonsalves, Carved in Stone 1995. Istvan Orosz, Balcon 1997. Victor Vasarely, Gamma. Fondation Vasarely 1958. Victor Vasarely, avec le mouvement de l’art optique dans les annĂ©es 1950, aura portĂ© et transcendĂ© les illusions d’optiques Ă  un niveau jamais atteint en rĂ©interprĂ©tant diverses illusions comme celle de Ehrenstein ou de Kanizsa. Roger N. Shepard, Dilemme dorique. Dessin sur le principe du Blivet le trident Ă  deux dents et de l’anomalie figure-fond 1990. Seules des conditions artificielles, comme celles que peuvent concevoir un psychologue de la perception, un magicien ou un peintre en trompe-l’Ɠil, nous rendent conscient du puissant travail de dĂ©duction qu’effectue le mĂ©canisme cachĂ© de notre systĂšme visuel. » Shepard Francis Tabary, Grand Penrose aluminium. Le magicien et sculpteur Francis Tabary conçoit depuis 2003 des sculptures impossibles basĂ©es sur le principe de Penrose, ainsi que des ambigrammes en volume. GĂ©rard Bakner. Eloge du mouvement 2. D’aprĂšs un buste de Franz Xaver Messerschmidt et sur le principe de l’illusion d’Hajime Ouchi 1973. Tirage numĂ©rique sur Dibond 2016. Le magicien et artiste GĂ©rard Bakner, revisite de cĂ©lĂšbres illusions d’optiques pour crĂ©er ses impressions numĂ©riques comme l’illusion de la grille d’Hermann, l’illusion de Poggendorff, l’effet Troxler, l’illusion de Kanizsa, l’illusion de Ehrenstein, l’illusion de Ouchi et l’illusion de Pinna. Philippe Socrate, Flamme partagĂ©e 2017. Ce travail graphique revisite magistralement la perception figure-fond connue par le dessin du vase du psychologue Edgar Rubin 1915, dont les antĂ©cĂ©dents sont les vases funĂ©raires rĂ©volutionnaires cachant des profils vers 1795. Le magicien, mĂ©decin et graphiste Philippe Socrate a dĂ©veloppĂ© tout un travail sur les illusions d’optique ; une passion qu’il cultive depuis 30 ans. Dans ce domaine on ne peut rien faire d’original, si on ne met pas les mains dans le cambouis. » dit-il. De 2015 Ă  2017, il a passĂ© trois heures par jour sur Photoshop pour produire un merveilleux livre qui est une rĂ©fĂ©rence en la matiĂšre Tous les secrets des illusions d’optique de Philippe Socrate Editions Eyrolles, 2017. Il expose aussi au grand public un Quiz Optique interactive lors de soirĂ©es privĂ©es d’entreprises. Ken Knowlton, Portrait de Martin Gardner 1993. L’artiste amĂ©ricain Ken Knowlton dĂ©veloppe en 1980 tout un travail graphique Ă  l’aide de double dominos pour composer des portraits figuratifs. Il reprend, Ă  sa façon, la technique des peintres pointillistes de la fin du XIXe. Simon Batman vs Penguin, Criminal Underworld. Figure rĂ©versible 2010. Le photomontage La photographie a cette particularitĂ© d’ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme la plus vraisemblable preuve, document et la plus suspecte manipulations, trucage. Les manipulations de l’image photographique accompagnent cette pratique depuis son invention. La photographie spirite s’emparera du trucage argentique et de la double exposition dĂšs les annĂ©es 1860 avec William Mumler pour produire des images surrĂ©elles de fantĂŽmes, revenants et autres dĂ©capitĂ©s rĂ©alisĂ©s Ă  la main, grĂące au dĂ©coupage et Ă  la superposition de nĂ©gatifs. William Mumler. Photographie spirite vers 1860. Dans les annĂ©es 1870, le photomontage est utilisĂ© par Ernest Appert, mais c’est Ă  partir des annĂ©es 1917 qu’il va se propager avec le mouvement constructiviste russe par l’intermĂ©diaire d’Alexander Rodtchenko et El Lissitzky et avec le DadaĂŻsme. Deux utilisations diffĂ©rentes l’une politique, l’autre poĂ©tique. Photographie expĂ©rimentale, Russie vers 1920. John Heartfield, Adolf le surhomme ingurgite de l’or et dĂ©bite des balivernes. Photomontage 1932. B. Klintch, Staline. Photomontage du 1er mai Ă  Moscou 1936. La propagande politique de certains pays comme la Russie utilise cette technique comme trucage pour réécrire l’histoire » en effaçant ou transformant argentiquement » une certaine rĂ©alitĂ© photographique. Le travail du photographe amĂ©ricain Jerry Uelsmann est considĂ©rĂ© comme prĂ©curseur du photomontage au XXe siĂšcle. Il crĂ©e ses photomontages Ă  partir de plusieurs nĂ©gatifs photographiques en se servant des outils et procĂ©dĂ©s de trucage entiĂšrement analogues. Son travail, qui est Ă  la hauteur des photomontages numĂ©riques, s’inscrit dans un surrĂ©alisme photographique. Un grand nombre de ses images sont de vrais trompe-l’Ɠil surrĂ©alistes. Jerry Uelsmann, Untitled 1997. Maggie Taylor, The visitor 2011. La retouche d’images et le dĂ©veloppement des trucages photographiques numĂ©riques assistĂ© par ordinateur s’est dĂ©veloppĂ© depuis les annĂ©es 1990 avec la propagation de logiciels comme Adobe Photoshop. Des artistes comme Maggie Taylor, Barry Frydlender, Eva Lauterlein, Adam Magyar, Erik Johansson, Eric Rondepierre, Jean-François Rauzier sont des virtuoses de ce procĂ©dĂ©. Erik Johansson, Reverberate 2011. Eva Lauterlein, ChimĂšres 2017. L’école allemande composĂ©e d’Andreas Gursky, Candida Höfer, Axel HĂŒtte et Thomas Demand, travaillent depuis les annĂ©es 1970 dans la lignĂ©e de la Nouvelle ObjectivitĂ©, un mouvement qui visait Ă  reprĂ©senter sans fard le rĂ©el dans les annĂ©es 1930. Ils introduisent tous l’illusion dans leur composition. Loin de dupliquer la rĂ©alitĂ© ou d’en conserver une trace objective, ils attachent Ă  prouver que c’est au moyen de l’illusion que s’opĂšre une certaine forme de vĂ©ritĂ©. Andreas Gursky, The 99 Cent II 1999. Andreas Gursky produit des images sous la forme de sĂ©ries donnant le vertige. Qu’il s’agisse de foules humaines foisonnantes, d’objets prĂ©sentĂ©s de façon dĂ©multipliĂ©e, d’images rĂ©pĂ©tĂ©es et accolĂ©es les unes aux autres, tout semble dĂ©mesurĂ©, hors de proportion. Les modalitĂ©s de fabrication de ces images Ă  caractĂšre souvent illusoire d’un rĂ©el figĂ© et dĂ©coupĂ© de façon systĂ©matique s’effectuent Ă  l’aide de techniques de retouche par ordinateur, alternant effets de masse et aplats abstractisants. Il combine ainsi plusieurs photographies d’un mĂȘme objet prises d’endroits diffĂ©rents, donnant Ă  voir une vue qu’il serait impossible d’observer dans la rĂ©alitĂ©. Alex HĂŒtte explore, quand Ă  lui, l’architecture anonyme et les friches urbaines, jouant avec la frontalitĂ© des vues tout en accentuant le caractĂšre descriptif du mĂ©dium photographique. L’image qu’il donne du monde paraĂźt figĂ©e et fausse. Elle est morcelĂ©e du fait de la sĂ©rialitĂ© des vues. Cernant les bĂątiments, ciselant les silhouettes, gommant des dĂ©tails qui perturbent la lecture de l’image, l’artiste transforme, au moyen du numĂ©rique, ses vues en une fausse rĂ©alitĂ©, oĂč tout serait ordonnĂ©. Thomas Demand, Desk 1994. Chez Thomas Demand, d’autres moyens de jouer avec les vĂ©ritĂ©s et les mensonges de l’image sont Ă  l’Ɠuvre dans des espaces soigneusement Ă©laborĂ©s sous forme de maquettes en carton et papier Ă  l’échelle 1 1, qui sont ensuite photographiĂ©es pour reproduire des lieux de la vie quotidienne, comme s’il s’agissait d’espaces rĂ©els. L’artiste s’acharne Ă  façonner une rĂ©alitĂ© et Ă  tromper le spectateur, tout en s’amusant simultanĂ©ment, par le biais d’indices, de failles et de lĂ©gĂšres imperfections, Ă  rendre perceptible cette duperie. Demand rĂ©vĂšle ainsi son travail de maquettiste dans de faux trompe-l’Ɠil qui redoublent le jeu de l’illusion perceptive et piĂšge le regard. A l’inverse des photographes utilisant le numĂ©rique, un artiste comme Bernard VoĂŻta joue de la nature artificielle et trompeuse de la photographie pour composer des espaces illusionnistes travaillĂ©s sur diffĂ©rents plans de l’espace avec une multitude d’objets et sans montages, ni retouches dans le rĂ©sultat final. Quand Ă  Philippe Ramette, il utilise des trucages physiques cachĂ©s ProthĂšses-sculptures pour donner Ă  ses photos des effets d’équilibres impossibles qui dĂ©fient les lois de la gravitĂ© et de la logique. Philippe Ramette. Promenade irrationnelle, exploration rationnelle des fonds sous-marins 2006. Qu’il s’agisse de jouer avec la notion d’illusion ou de faire transparaĂźtre des indices tĂ©moignant d’une tromperie, l’image photographique vise souvent Ă  mettre Ă  mal l’attitude du spectateur envers ce qu’il contemple. L’art contemporain L’art contemporain aprĂšs 1945 aura vu se dĂ©velopper des courants artistiques basĂ©s essentiellement sur l’illusion du volume et l’esthĂ©tique du mouvement, comme l’art optique et l’art cinĂ©tique dans les annĂ©es 1950 et 1960. En 1951, les premiĂšres Ɠuvres optiques sont basĂ©es sur le contraste entre le noir et le blanc. C’est la persistance rĂ©tinienne qui donne naissance Ă  une illusion d’optique ou de mouvement dans l’Ɠuvre. Victor Vasarely est considĂ©rĂ© comme le pĂšre de l’art optique et cinĂ©tique qu’il thĂ©orisera dans son Manifeste jaune en 1955 oĂč il jette les bases de la plastique cinĂ©tique et annonce une nouvelle Ăšre artistique oĂč les notions de mouvement, d’instabilitĂ© et de transformation sont au centre du dispositif. Le mouvement repose uniquement sur des phĂ©nomĂšnes optiques, la lumiĂšre et le dĂ©placement du spectateur face aux Ɠuvres. L’apprĂ©hension par le regard est le seul crĂ©ateur de l’Ɠuvre. Victor Vasarely, Vega 201 1968. TrĂšs vite, Vasarely invente ses propres codes, oĂč le dialogue entre la couleur et la forme dĂ©finit une sĂ©mantique gĂ©omĂ©trique. Il joue avec les effets optiques qui sont autant de mise en garde sur les divergences, qui trahissent aussi la rĂ©alitĂ© d’un monde incertain ». Il part du fait que notre perception traite spontanĂ©ment les phĂ©nomĂšnes de façon structurĂ©e ; il est donc aisĂ© de lui jouer des tours ! Il fonde son message et l’efficacitĂ© de son art sur une condition universelle la condition humaine perceptuelle. Fondation Vasarely. Aix-en-Provence 1976. Nous pouvons avoir un aperçu du gĂ©nie crĂ©ateur de Vasarely en visitant sa Fondation Ă  Aix-en-Provence, ouverte en 1976, vĂ©ritable chef-d’Ɠuvre et point d’orgue d’une vie de recherche et d’expĂ©rimentation qui concrĂ©tise ses idĂ©es sur l’intĂ©gration de l’art dans la citĂ©. Cette cathĂ©drale visuelle composĂ©e de 16 cubes juxtaposĂ©s formant un ensemble de 90m de long, 45m de large et 12m de haut intĂšgre 44 Ɠuvres monumentales en aluminium, tapisserie, verre, Ă©mail, cĂ©ramique
 Un voyage immersif extraordinaire dans ce lieu expĂ©rimental de recherches tournĂ© vers l’avenir ! Non seulement l’art cinĂ©tique tient compte du fait que le spectateur construit sa vision par la vision stĂ©rĂ©oscopique des deux yeux et le balayage constant du champ visuel, mais joue, en plus, avec cet aspect actif de la vision, notamment en cherchant toutes les conditions ambiguĂ«s qui font que cette vision ne peut se stabiliser sur une interprĂ©tation, mais est obligĂ©e d’osciller de l’une Ă  l’autre. » Victor Vasarely Chef de file, Vasarely fera dĂ©couvrir au monde le travail de ses collĂšgues Julio Le Parc, Jesus-Rafael Soto, Jean Tinguely, Yaacov Agam, Robert Jacobsen, Bridget Riley, Pol Bury, JosĂ© Maria Yturralde et Nicolas Schöffer. Ce dernier faisant Ă©voluer l’art cinĂ©tique vers le cybernĂ©tique et l’interactif avec ses sculptures-spectacles, mĂ©lange de théùtre d’ombres et d’installation hypnotique. C’est Ă  New York, en 1965, que le mouvement de l’art optique, ou op art, connut un dĂ©but de reconnaissance internationale avec l’exposition du MoMA intitulĂ©e The responsive eye. Les tableaux avaient des surfaces illusionnistes qui dĂ©clenchaient des rĂ©actions visuelles extraordinaires chez le spectateur. Abstractions perceptuelles, ambiguĂŻtĂ©s spatiales et sensations de mouvements Ă©taient engendrĂ©es par divers procĂ©dĂ©s, dont la manipulation de dessins gĂ©omĂ©triques et la juxtaposition de couleurs intenses. Yaacov Agam, Salon Agam 1972-1974. Jesus-Rafael Soto, Double Progression Bleue et noire 1975. Le miroir sera un matĂ©riau de prĂ©dilection pour les artistes cinĂ©tiques comme Christian Megert, Dan Graham, Larry Bell, pour renverser les rĂŽles et les horizons d’attente du spectateur. Aujourd’hui, Timo Nasseri, Anish Kapoor, Jeppe Hein, Leandro Erlich, Daniel Buren continuent d’expĂ©rimenter les multiples possibilitĂ©s du miroir dans sa tradition de rĂ©flexion et de transparence. Christian Megert, Environment Documenta 4, 1968. Dan Graham, Square Bisected by Curve 2008. L’hyperrĂ©alisme est la reproduction, neutre et objective, Ă  l’identique d’une image en peinture. Il prend ses racines dans la philosophie de Jean Baudrillard, la simulation de quelque chose qui n’a jamais vraiment existĂ© ». En tant que tel, les hyperrĂ©alistes crĂ©ent une fausse rĂ©alitĂ©, une illusion convaincante basĂ©e sur une simulation de la rĂ©alitĂ©. Les peintures et les sculptures hyperrĂ©alistes sont minutieusement dĂ©taillĂ©es pour crĂ©er l’illusion d’une rĂ©alitĂ© non vue dans la photo d’origine. Don Eddy, Volkswagen and OK used Cars 1971. Ralph Goings, Still life with mirror 1981. Selon Hal Foster, l’image hyperrĂ©aliste est une image trompeuse, mais elle n’est pas une simple tromperie. Elle est un subterfuge contre le rĂ©el qui ne s’engage pas Ă  le pacifier, mais Ă  le sceller derriĂšre la surface. L’hyperrĂ©alisme est comme accablĂ© par l’apparence. Il invite le spectateur Ă  s’adonner, presque d’une maniĂšre schizophrĂšne, Ă  sa surface. On regarde, au final, une image qui paraĂźt s’enfermer dans sa propre illusion. Le peintre Don Eddy s’affirme dans les annĂ©es 1970 comme l’un des pionniers du photorĂ©alisme. Ses collĂšgues amĂ©ricains Richard Estes, Robert Bechtle, Ralph Goings, Richard McLean et Chuck Close, Dan Witz suivront le mouvement. En Europe, le grand peintre allemand Gerhard Richter s’essayera Ă  l’hyperrĂ©alisme, tout comme son compatriote RenĂ© Wirths. Duane Hanson, Supermarket Lady 1969. Le prĂ©curseur Duane Hanson, puis ensuite John de Andrea, Jacques Verduyn, Evan Penny et Ron Mueck sont les reprĂ©sentants les plus cĂ©lĂšbres de la sculpture hyperrĂ©aliste. Duane Hanson 1925-1996 a commencĂ© Ă  introduire des reprĂ©sentations humaines dans son travail dĂšs les annĂ©es 1960, reprenant une certaine tradition des dioramas humains avec un message acide sur la sociĂ©tĂ© de consommation amĂ©ricaine, comme le racisme ou la pauvretĂ© remettant en cause l’american way of life. Ron Mueck, lui, n’hĂ©site pas Ă  travailler les dĂ©tails et l’échelle pour jouer sur l’ambiguĂŻtĂ© et le malaise face Ă  l’Ɠuvre. Les sculptures d’ombres Telle qu’elle a Ă©tĂ© formulĂ©e depuis Platon, l’ombre est avant tout considĂ©rĂ©e comme un simulacre, une chose opaque, indigne de confiance et Ă©loignĂ©e de la vĂ©ritĂ©. L’ombre est un prĂ©cieux instrument de connaissance et de savoir qui se retrouve dans la cĂ©lĂšbre allĂ©gorie de la caverne qui jalonnera toute l’histoire de la philosophie occidentale. Quel est donc le degrĂ© de vĂ©ritĂ© des ombres ? De nombreux artistes utilisent l’ombre dans leur crĂ©ation artistique pour son pouvoir de dissimulation et d’illusion. Un des prĂ©curseurs de ce dispositif est Laszlo Moholy-Nagy avec son Modulateur espace-lumiĂšre rĂ©alisĂ© entre 1922 et 1930. Dans les annĂ©es 1960, une sĂ©rie d’Ɠuvres cinĂ©tiques utilisera la lumiĂšre et le mouvement comme des Ă©lĂ©ments essentiels. Mac Adams, Rabbit 2000. C’est ensuite dans les annĂ©es 1980 qu’apparaitront les sculptures d’ombres. A l’époque, Christian Boltanski et Mac Adams ont commencĂ© Ă  explorer les potentialitĂ©s du mĂ©dium photographique dans l’espace par l’usage de l’ombre projetĂ©s. Dans les sculptures d’ombres, l’ombre est un matĂ©riau Ă  part entiĂšre. Ces installations sont construites selon un dispositif de projection, composĂ© d’un projecteur lumineux spot, vidĂ©oprojecteur et d’un Ă©cran mur, sol, toile
 sur lequel apparaĂźt l’image-ombre, fixe ou en mouvement, invariablement créée par l’interception de la lumiĂšre par un objet central. Les sculptures d’ombres conservent une certaine puissance enchanteresse des dispositifs du prĂ©-cinĂ©ma qu’elles rĂ©activent. Shigeo Fukuda, One cannot cut the sea 1988. Tim Noble et Sue Webster, Dirty White Trash with Gulls 1998. Kumi Yamashita, Child 2011. Contrairement aux sculptures lumino-cinĂ©tiques, qui sont exclusivement abstraites, les sculptures d’ombres projettent des images invariablement figuratives comme dans les Ɠuvres de Mounir Fatmi, Badr El Hammami, Shigeo Fukuda, Diet Wiegman, Kumi Yamashita, Fred Eerdekens ou Tim Noble et Sue Webster. Le Street art L’art hurbain qui prend ses racines dans les annĂ©es 1960 avec des artistes comme Allan Kaprow, Victor Vasarely ou Calder, se dĂ©veloppe rĂ©ellement dans la dĂ©cennie suivante avec des initiatives individuelles utilisant diffĂ©rentes techniques pour un rĂ©sultat souvent Ă©phĂ©mĂšre. La pratique du trompe-l’Ɠil est une des plus reprĂ©sentatives du street art. Bansky. Plusieurs artistes investissent les murs des villes pour y créé diffĂ©rents trompe-l’Ɠil utilisant diffĂ©rentes techniques comme le graffiti et le pochoir avec Bansky ou le dessin, la peinture et la sĂ©rigraphie sur papier avec Ernest Pignon-Ernest ou la photographie avec Joshua Callaghan. Ernest Pignon-Ernest, LavandiĂšre Naples, 1988. D’autres artistes sont adeptes de la sculpture comme celle de taille humaine de Mark Jenkins, inquiĂ©tantes et dĂ©rangeantes, qu’il dissĂ©mine dans l’espace public et qui trahissent la solitude produite par la sociĂ©tĂ© moderne. Le photographe, vidĂ©aste et sculpteur Cayetano Ferrer utilise un camouflage photographique trĂšs Ă©laborĂ© pour rendre les objets invisibles. Le chinois Liu Bolin se sert de son propre corps pour traduire ses engagements. Tel un camĂ©lĂ©on, il se fond dans les rayons d’un supermarchĂ© ou se camoufle dans le drapeau chinois, dĂ©nonçant ainsi la dilution de l’individu dans l’identitĂ© collective et la soumission aux diktats du consumĂ©risme. Cayetano Ferrer, Western import Kadoya brand 2007 Liu Bolin. Hiding in the city, Water Crisis 2013. La fresque en trompe-l’Ɠil tire ses origines de la Rome antique et se retrouvera au fil des siĂšcles sur les façades des maisons comme Ă  Camogli, en Italie, au XVIIe. A la fin des annĂ©es 1970, le trompe-l’Ɠil devient monumental avec les muralistes qui parent les villes d’Ɠuvres XXL pour les embellir. Fleurissent alors des fresques murales Ă  tous les coins de rue avec pour motif principal les fausses fenĂȘtres. Aux Etats-Unis, Richard Haas renoue avec la tradition dĂ©corative et rĂ©alise en 1978 l’un de ses chefs-d’Ɠuvre sur le Consolidated Edison Building Ă  New York. Sur brique ou bĂ©ton, ses Ă©difices factices cĂ©lĂšbrent la puissance et la modernitĂ© de la nation amĂ©ricaine. En France, Fabio Rieti rĂ©alise de troublantes illusions oniriques. Richard Haas. Homage to Cincinnatus, Brotherhood Building, Kroger Company, Cincinnati 1983. Fabio Rieti. L’escalier, rue Etienne Marcel-Turbigo Ă  Paris 1989. Façade en trompe-l’Ɠil. Pignon de l’immeuble situĂ© sur l’esplanade Pompidou, quai des Etats-Unis Ă  Nice rĂ©alisĂ© par la sociĂ©tĂ© AD Affresco 2014. La tradition du trompe-l’Ɠil Ă  Nice vient de l’influence gĂ©noise. En effet Ă  GĂšnes, nous retrouvons beaucoup de dĂ©cors peints. Ils rĂ©organisent une façade et servent de pansements Ă  l’architecture. A partir des annĂ©es 1980, plusieurs peintres illusionnistes et Ă©phĂ©mĂšres fleurissent sous le regard subjuguĂ© des passants. Ils n’interviennent plus sur les murs et les façades mais directement au sol sur le bĂȘton et autres pavements en appliquant la technique de projection en anamorphose. A l’aide de craies ou de pastels, jaillissent des citĂ©s enfouies, des gouffres qui donnent le vertige. GrĂące Ă  la technique de l’anamorphose, l’effet produit nous fait basculer dans la troisiĂšme dimension. Kurt Wenner, Reflections 2007. Kurt Wenner, Alpha renaissance. Le pionnier du trompe-l’Ɠil au sol est l’amĂ©ricain autodidacte Kurt Wenner. Il s’est formĂ© auprĂšs des grands maĂźtres et en 1982 part Ă  travers l’Europe dĂ©couvrir et observer les chefs-d’Ɠuvre de la Renaissance italienne Giotto, Michel-Ange et Tiepolo, scrutant les lignes de fuite. C’est pour financer ses voyages qu’il se met Ă  dessiner sur le plancher des capitales oĂč il fait Ă©tape. En crĂ©ant en directe devant la foule, il fait de ce spectacle de rue une vĂ©ritable performance artistique. GrĂące Ă  lui, cette discipline a Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e au rang d’art sacrĂ© » en 1991, Ă  l’occasion d’une commande pour la venue du Pape Jean-Paul II Ă  Mantoue. Edgar MĂŒller, The cave 2008. Manfred Stader, Skip navigation 2014. D’autres artistes ont suivis le mouvement comme l’anglais Julian Beever, les allemands Edgar MĂŒller et Manfred Stader ou encore 3D Joe&Max qui jouent aussi sur l’interaction entre l’Ɠuvre et le public. Avec l’arrivĂ©e des nouvelles technologies numĂ©riques, les possibilitĂ©s du trompe-l’Ɠil se dĂ©veloppe Ă  grande Ă©chelle, comme par exemple en 2013 avec l’anamorphiste français François AbĂ©lanet qui rĂ©alise Trucks de Ouf, la plus grande anamorphose imprimĂ©e au monde 5000 m2 installĂ©e place Bellecour Ă  Lyon et commanditĂ©e par Renault. De son cĂŽtĂ© l’artiste photographe JR a fait disparaĂźtre » la pyramide du Louvre, en 2016, en la recouvrant d’un collage d’images marouflĂ©es reprĂ©sentant en noir et blanc la façade Sully du musĂ©e qu’elle cache. L’artiste a confiĂ© la rĂ©alisation de cette Ɠuvre Ă  JC Decaux Artvertising, spĂ©cialiste du format XXL et Prismaflex International pour un rĂ©sultat confondant. François AbĂ©lanet, Trucks de Ouf Lyon, 2013. JR & Liu Bollin. Pyramide du Louvre, Paris juin 2016. Il est de plus en plus frĂ©quent de voir des monuments recouverts de bĂąches imprimĂ©es lors de travaux de rĂ©novations. Ce cache misĂšre ou subterfuge, permet de dissimuler les Ă©chafaudages tout en donnant l’illusion d’un bĂątiment intact. Certains plasticiens dĂ©tournent de façon judicieuse ce procĂ©dĂ© Ă  des fins artistiques comme Pierre Delavie qui kidnappe » les façades de plusieurs Ă©difices historiques pour les recouvrir de photomontages qui dĂ©structure ou dĂ©forme l’architecture. Pierre Delavie, Grand Palais 2014. Pierre Delavie, Immeuble dĂ©formĂ© 2007-2008. Le mapping vidĂ©o mapping 3D est une technique qui permet de projeter des images sur des volumes en jouant avec leur relief. Son origine remonte en 1969 lorsque Disneyland rĂ©alise des projections sur des objets 3D pour l’attraction Haunted Mansion. Dans les annĂ©es 1980, l’artiste Michael Naimark filme des personnes interagissant avec des objets dans une salle de sĂ©jour, puis les projettent dans la salle vide crĂ©ant l’illusion que les personnes interagissent avec les objets. À partir de 2001, de plus en plus d’artistes commencent Ă  utiliser le mapping vidĂ©o pour la crĂ©ation d’Ɠuvre ou pour de grosses compagnies. Parc Disneyland, Haunted Mansion 1969. Qu’elle soit sur une façade ou un bĂątiment, la projection joue sur l’illusion optique entre le relief rĂ©el et sa seconde peau virtuelle. Elle augmente et sublime l’objet ou l’architecture qu’elle Ă©claire. FĂȘte des lumiĂšres. Théùtre des cĂ©lestins de Lyon 2010. Le Diable enchanteur. Projection lumineuse, magique et musicale sur la façade de la Maison de la Magie Ă  Blois. Conception artistique et technique Full Media Concept / Marc Dossetto 1er et 2 juin 2018. Ces illusions d’optiques sont créées grĂące Ă  des techniques de masquage de certaines zones de la surface-Ă©cran et de mise en valeur d’autres zones grĂące Ă  de trĂšs puissants faisceaux lumineux. Les images colorĂ©es ou en trompe-l’Ɠil peuvent transformer ce qui est rĂ©el par des illusions aux possibilitĂ©s infinies. Animation de mouvements en 3D relief, colorisations, vidĂ©o dynamique, illusions d’optiques, RĂ©alitĂ© AugmentĂ©e
 Les effets sont illimitĂ©s et misent au service d’une Ă©criture poĂ©tique, historique ou fantastique. L’architecture contemporaine est friande de techniques illusoires pour transformer la perception d’un bĂątiment en utilisant le trompe-l’Ɠil, l’illusion d’optique, le miroir, la rĂ©flexion ou la construction impossible. Ashton Raggatt McDougall. Australian Customs Service Melbourne, 2006. Application du fameux CafĂ© wall illusion de Richard Gregory créé en 1973, dont le prĂ©curseur est Hugo MĂŒnsterberg avec son shifted-chessboard illusion datant de 1897. Pickard Chilton et Everton Oglesby. Pinnacle at Symphony Place Nashville, 2007. MVRDV / Winy Maas, Jacob van Rijs et Nathalie de Vries. Baltyk Building PoznaƄ, 2011. Le magicien dans l’art On ne compte plus les artistes qui ont reprĂ©sentĂ© des magiciens dans leur Ɠuvre. Qu’ils soient escamoteur, sorcier ou prestidigitateur, on les retrouve notamment chez JĂ©rĂŽme Bosch ou Pieter Brueghel et dans un grand nombre de gravures mĂ©diĂ©vales. Pieter Bruegel, La chute du magicien Hermogene dĂ©tail de la gravure, 1565. Georges de La Tour, Le tricheur Ă  l’as de carreau dĂ©tail, 1636-1638. L’un des accessoires symboliques du magicien comme les cartes Ă  jouer sont trĂšs prĂ©sentes dans les reprĂ©sentations picturales dĂšs le XVIe siĂšcle avec les fameux Tricheurs 1594 du Caravage ; suivront d’autres parties de cartes » sous les pinceaux de Georges De La Tour, Jean Baptiste Chardin, CĂ©zanne, Pablo Picasso, Otto Dix, Botero, Fernand Leger
 L’escamoteur 1475-1505 de JĂ©rĂŽme Bosch reprĂ©sentĂ© sur le tableau exĂ©cute devant une assemblĂ©e de spectateurs ce qui est reconnu comme Ă©tant le plus vieux tour de magie de l’histoire, celui des gobelets. Conclusion Toute illusion n’existe que par l’interprĂ©tation du public. C’est un processus Ă©minemment subjectif qui est Ă  l’Ɠuvre entre l’émetteur l’Ɠuvre et le rĂ©cepteur le regardeur. MĂȘme si l’illusion est provoquĂ©e par des techniques prĂ©cises et ciblĂ©es, la finalitĂ© sera diffĂ©rente d’un individu Ă  un autre. C’est le propre de l’art que de susciter des rĂ©actions divergentes, voire contradictoires et de provoquer le questionnement et le dĂ©bat. Chacun est libre d’interprĂ©ter ce qu’il voit, de lui donner de l’importance ou de passer son chemin. Vik Muniz, Toy Soldier 2003. Dans L’art et L’illusion, son formidable essai sur l’exploration de l’histoire et de la psychologie de la reprĂ©sentation artistique, l’historien Ernst Gombrich 1909-2001 examine, interroge et redĂ©finit la notion d’imitation de la nature, le rĂŽle de la tradition, le problĂšme de l’abstraction, le bien-fondĂ© de la perspective et l’interprĂ©tation de l’expression artistique. Pour lui, tout art est tromperie et il met le spectateur-regardeur au centre de la conceptualisation de l’Ɠuvre d’art ; il pose la question de l’objectivitĂ© et de la subjectivitĂ© par le phĂ©nomĂšne de la projection », insĂ©parable de toute illusion artistique, qui reproduit et imite dans notre mental des formes familiĂšres Ă  partir d’autres qui ne le sont pas. Ainsi, nous pouvons voir dans ces espaces vides des objets qui n’y sont pas, des imitations des images mentales. Comme le magicien place au centre de son numĂ©ro le spectateur pour mieux le cueillir, par un tour d’esprit, l’Ɠuvre est interprĂ©tĂ©e par le regardeur de façon psychologique. Pour mieux apprĂ©hender et comprendre le rĂ©el, c’est souvent par l’artifice que l’on touche Ă  la rĂ©alitĂ© et Ă  la vĂ©ritĂ© des choses. Bibliographie sĂ©lective 1 – Histoire de l’art d’Ernst Hans Gombrich Editions Phaidon, 2001. PremiĂšre parution 1950 – Perspective et histoire au Quattrocento de Giulio Carlo Argan et Rudolf Wittkower Editions de la passion, 1990 – Les perspectives dĂ©pravĂ©es, Tomes 1 et 2 de Jurgis Baltrusaitis Editions Flammarion, 2008. PremiĂšre parution 1955 – La Haute Renaissance et le ManiĂ©risme de Linda Murray Editions Thames and Hudson, 1995 – L’illusion Baroque de FrĂ©dĂ©ric Dassas Editions DĂ©couvertes Gallimard, 1999 – D’Artifices en Ă©difices de Jean Starobinski Editions le 7Ăšme fou, 1985 – Dynamo Un siĂšcle de lumiĂšre et de mouvement dans l’art 1913-2013 de Serge Lemoine, Matthieu Poirier, Marianne Lemoine, Domitille d’Orgeval, Pascal Rousseau et Markus BrĂŒderlin Editions des MusĂ©es Nationaux, 2013 – Une image peut en cacher une autre de Jean-Hubert Martin Editions des MusĂ©es Nationaux, 2009 – Op Art de Martina Weinhart, Max Hollein et Schirn Kunsthalle Frankfurt Editions Schirn Kunsthalle, 2007 – Le Champs des illusions de Michel Onfray et Philippe Piguet Editions Centre d’Art de Tanlay, 1998 – Felice Varini Points de vue de Fabiola Lopez-Duran Editions Lars Muller, 2004 – L’art de l’illusion de Terry Stickels et Brad Honeycutt Editions Hugo Images, 2013 – Richard Haas An Architecture of Illusion Editions Rizzoli, 1981 – Le musĂ©e impossible et le musĂ©e des illusions de CĂ©line Delavaux Editions Renaissance Du Livre, 2015 – Tous les secrets des illusions d’optique de Philippe Socrate Editions Eyrolles, 2017 Bibliographie sĂ©lective 2 – La RĂ©publique de Platon Editions Flammarion, 2002 – Psychologie de la forme de W. Köhler Editions Gallimard, 1929 – L’art et l’illusion Psychologie de la reprĂ©sentation picturale de Ernst Hans Gombrich Editions Phaidon, 2002. PremiĂšre parution 1971 – Les ruses de l’intelligence la mĂštis des Grecs de Jean-Pierre Vernant et Marcel Detienne Editions Flammarion, 2009. PremiĂšre parution 1974 – Le rĂ©el et son double de ClĂ©ment Rosset Editions Gallimard, 1976 – Le rĂ©el, traitĂ© de l’idiotie de ClĂ©ment Rosset Editions de minuit, 1977 – De la sĂ©duction de Jean Baudrillard Editions Gallimard, 1988. PremiĂšre parution 1979 – L’Artifice de Guy Scarpetta Editions Grasset, 1988 – L’Ɠil qui pense Visions, illusions, perceptions de Roger N. Shepard Editions Le Seuil, 1990 – La science des illusions de Jacques Ninio Editions Odile Jacob, 1998 – L’image trompeuse de Florence Bancaud Editions Presses Universitaires de Provence, 2016 Note de la rĂ©daction Cet article a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© Ă  l’occassion de l’exposition d’art magique La Galerie des illusions pour les 20 ans de la Maison de la Magie Ă  Blois en 2018. Il a ensuite Ă©tĂ© augmentĂ© suivant les pĂ©riodes artistiques. Tous les documents et archives sont proposĂ©s sauf avis contraire des ayants-droit, et dans ce cas seraient retirĂ©s. Dansle mĂ©canisme de la vision, les rayons lumineux pĂ©nĂštrent dans l’Ɠil par la pupille, sont dĂ©viĂ©s par le cristallin, puis viennent frapper la rĂ©tine. C’est ensuite un processus chimique qui envoie un message par le nerf optique, au cerveau. Celui-ci interprĂšte les informations par une sensation de couleur ou de luminositĂ©.
L’art entre illusion et realite S’il est une idee qui semble aller de soi aujourd’hui, c’est bien que l’idee que l’art est un moyen d’evasion. Elle va tellement de soi, que la plupart d’entre nous ne faisons meme plus la difference entre les productions de la societe de consommation qui ont pour vocation le divertissement et les creations artistiques qui impliquent, de la part de leur createur, comme de la part de l’amateur d’art, un veritable investissement, voire une vraie voyons dans l’art une sorte de moyen de nous procurer des extases colorees, des extases musicales dont la seule fonction serait de faire oublier cette realite terne, brutale dans laquelle nous vivons. L’amour de l’art et l’eloge de la fuite un seul et meme combat ! Cependant, c’est oublier les efforts surhumains deployes par l’art pour denoncer, depasser, elever, transfigurer la realite elle-meme. C’est aussi oublier une constante, souvent retenue dans l’opinion, selon laquelle l’art veritable, c’est celui qui est sense faire passer un message », etre un art engage », ce qui contredit completement l’hypothese quoi bon chercher a se battre contre l’ignominie du monde, contre la betise de notre societe avec de la toile, des chansons, de la musique, des images, si le but de l’art est seulement la fuite eperdue ? La question de fond est donc de savoir quel rapport l’art entretient avec la realite, si il est dans son essence de la delaisser, si il est de son essence de chercher a la montrer sous un autre jour, ou si peut-etre, l’art cherche a agrandir notre perception du reel. L’art nous detourne-t-il de la realite ? A. Dimensions et degres de realite Cette question est piegee si nous ne prenons pas garde de preciser le concept flou de realite ». Si nous ne le faisons pas, nous allons nous egarer sans plus avoir en vue ce dont il est question ici. 1 Partons de l’opinion commune. Le plus souvent, la realite » est un mot qui est employe dans l’attitude naturelle pour designer l’ordre des faits et l’ordre des choses en tant qu’il est separe de moi, qu’il existe en soi, qu’il est independant de moi et surtout qu’il s’impose massivement a moi. L’attitude naturelle est spontanement chosique, et comme elle pense la realite a partir du concept de chose, elle la voit d’abord comme materielle. Je dis que la table est reelle, parce que je me cogne dedans. Je me rends au bureau et je dois retourner dans ce lieu plutot gris, affronter ce chef de service raleur, l’ambiance execrable du travail. C’est ma realite » de tous les jours. texte Il y a moi et les autres, moi et ma femme, ma belle-mere, mon patron, mon chef d’equipe, ma belle ? ur et ce cousin casse-pieds toujours la pour emprunter quelque chose sans jamais le rendre ! Ma realite quotidienne, c’est ce monde de conflits permanent, cet ennui, cette grisaille, avec parfois quelques bons moments, une sorte de repit dans la lutte quotidienne. Ma realite, c’est l’angoisse de parvenir a boucler mes fins de mois, de recevoir encore des factures imprevues, c’est d’apprehender la situation de mon fils, de ma fille en etudiants, c’est de m’inquieter pour leur avenir. C’est l’agression que je subis tous les jours a travers les evenements de l’actualite qui ne fait que confirmer le sentiment que je suis bien dans un monde de lutte, de separation, de rivalite, de violence, dans un monde qui est reel par la difficulte d’y vivre, par l’effroi permanent que l’on y eprouve. Cette realite est tres humaine, et cette representation de la realite est tellement conflictuelle, violente, cruelle, que le sens commun adjoint souvent au mot realite un qualificatif la dure realite du monde! Nous allons donner un nom a cette realite, nous l’appellerons realite empirique, ce qui souligne qu’elle est posee au niveau de la sensation, mais surtout a travers une d’opposition brutale entre le sujet et l’objet, entre moi est le choses contre lesquelles je bute, entre moi et les personnes contre lesquelles je bute aussi, contre tout ce qui est dans l’ordre de ces evenements qu’il faut affronter, et devant lesquels je dois finalement m’incliner. Il y a un implicite dans la representation de la realite dans l’attitude naturelle. Que voulez-vous mon bon monsieur, c’est comme ca ! C’est la realite et on n’y peut rien ». On ne fait que subir cette realite. La realite, c’est oppressant par nature. Elle est terne, monotone, abrutissante, souvent absurde, mais c’est comme ca, il faut s’incliner. Ce defaitisme, on le sent deja tres present chez l’eleve qui apprehende d’entrer sur le monde du travail au lycee, on est un peu protege, mais une fois qu’on en sort, c’est la dure loi de la realite ! La loi de la jungle, la lutte pour la vie. Alors, il faut s’armer et etre pret a combattre ! Il est sous-entendu que la realite, telle que nous la pensons dans l’attitude naturelle, tient dans une formule, la vie est une lutte. Comme si seuls les plus fort pouvaient s’en tirer, tandis que les plus faibles devaient etre broyes. Le mot meme de realite, prononce dans l’opinion n’a pas du tout de connotation positive, c’est plutot un constat accablant. Il implique aussi une conception du sens de la vie qui est d’un impayable conformisme a en croire tous ces gens qui se disent realistes », tout ce qui compte, c’est de s’integrer » a la societe, de mettre en place chacun comme une brique dans un mur like a brick in the wall, Pink Floyd ! . Les implications de cette representation de la realite sur la valeur attribuee a l’art sont tres claires. A partir du moment ou on pense la realite de cette facon, on est oblige de trouver une porte de sortie pour evacuer le malaise et la difficulte a exister dans cette realite. Il faudra donc justifier la fuite et l’art nous donnera une jolie porte de sortie, qui plus est, une porte de sortie socialement admissible. De la a voir dans l’art seulement une sorte de vengeance et de compensation contre la realite, il n’y a qu’un pas qui sera vite franchi. Cependant, avant d’examiner ces consequences, il nous faut examiner le fondement de cette representation. La realite empirique n’existe pas toute seule. Ce n’est pas une idee innee » que celle de la realite empirique. Elle est constituee de l’interieur par la conscience. Elle est pensee, choisie, voulue, elle est aussi l’effet d’un conditionnement social. Cela nous l’oublions trop souvent. Nous pensons que la realite va de soi. Comme si l’ensemble des choses qui ont une existence objective, l’ensemble de tout ce qui peut faire l’objet d’une constatation ne faisait jamais intervenir notre propre subjectivite. Mais a y regarder de pres, chose », existence objective », constatation », tout cela n’existe que dans la conscience que j’en prends. texte Et comment ? En entrant dans la vigilance. Je m’eveille le matin, je chasse les brumes du reve, je me dis quand c’etait desagreable, ouf, ce n’etait qu’un reve ! » Je reprends pieds dans ce que j’appelle la realite » en revenant a l’etat de veille. Je dis que la chaise au pied du lit est reelle », parce que je ne reve pas. Mon chien peut la faire tomber, mon petit frere peut la deplacer. A l’etat de veille, les choses n’apparaissent pas et ne disparaissent pas toutes seules. Elles sont plantees la, et je dois en tenir compte. Une chose, ce n’est pas une simple image. Cependant, ce que j’oublie, c’est que la subjectivite est encore la dans l’etat de veille, justement dans la maniere dont j’apprehende le reel. La chaise est reelle pour Jacques, comme moi, car il est lui aussi dans la veille, parce qu’il peut y avoir entre nous un consensus d’experience pour la decrire. L’objectivite des choses, des faits, des evenements est fondee sur l’intersubjectivite. Elle suppose des observateurs humains, une experience humaine, un systeme nerveux humain. Un peuple d’abeille n’aurait pas du tout la meme definition de la realite que la notre. L’abeille n’est pas sensible aux memes couleurs que nous. Mais le peuple d’abeilles pourrait avoir, comme pour nous, une definition de la realite a partir du consensus d’experience des abeilles. Ce que nous appelons reel est le resultat d’un consensus present dans la conscience collective. C’est ce consensus que l’on appelle notre realite. Au Moyen-Age, en Occident, il paraissait realiste de penser que la Terre etait plate, que les moustiques pouvaient apparaitre par generation spontanee dans l’eau croupie. Dans les temps modernes, il est realiste d’admettre que la terre est ronde, de penser qu’il n’y a pas de generation spontanee d’organismes. Ce que nous appelons reel est determine par le savoir admis et les paradigmes recus. Ce que nous appelons la science est fondee sur l’approche objective de la connaissance. De la science, nous attendons la confirmation de la realite de tel ou tel phenomene ou de son irrealite. Quand je dis que ma chaise est reelle, j’attends une confirmation objective de la part de la theorie scientifique. Bon, cela marche, on me dit qu’elle est faite de molecules qui ont des proprietes objectives. Mais le savoir que la science nous donne est aussi relatif. Il depend d’un consensus passe entre les membres de la communaute des savants et ce consensus est historique. De plus, il n’est meme pas evident que ce que le sens commun tient comme reel, le scientifique le tienne aussi pour reel. Du point de vue qui est le mien a l’etat de veille, la chaise est dure, solide, resistante. Mais au niveau le plus subtil de la matiere, ce n’est que du vide en mouvement, un champ, qui ne fait qu’apparaitre dur et solide du point de vue de l’etat de veille de l’observateur. Or cette realite » dont parle la science est aussi incertaine. On ne saura jamais definitivement ce qu’elle est. Bref, cette realite » des gens soi-disant realistes », elle est bien trop petite pour etre la Realite ! Pour rendre justice a la realite, je ne peux pas seulement compter sur la representation objective. Il est par contre indispensable de considerer toute la complexite de l’experience subjective. Et si notre perception habituelle dans la vigilance etait bornee ? Tronquee ? Appauvrie ? texte Et si notre vision etriquee de la realite venait de la ? Et si la realite etait de part en part subjective ? Que se passerait-il si notre perception etait completement changee ? Que se passerait-il si la coupure drastique entre sujet/objet prenait fin ? Si notre perception etait bien plus eveillee qu’elle n’est ? Notre conception de la realite ne pourrait-elle pas alors etre completement modifiee ? Et puis, juste une idee est-ce que, par hasard, changer notre perception du reel, est-ce que ce n’est pas ce qu’au fond l’art recherche ? B. L’art et l’eloge de la fuite Pour l’instant, laissons libre cours a l’opinion commune. L’art, dit-on, est a meme de nous procurer des moyens d’evasion. Il l’est d’autant plus que nous avons fait de la realite une prison, ce qui suppose necessairement des moyens d’evasion. . 1 Pour echapper a une realite bien trop decevante, on se tourne donc vers une representation qui releve du fantasme. C’est un peu comme si, par le biais de l’art, nous cherchions a reintroduire le monde du reve dans l’etat de veille. D’ou l’idee que l’art est la pour transporter le spectateur dans un autre monde, un monde qui n’est pas le monde reel, mais un monde irreel, tisse par le desir. Le cinema est en ce sens le prototype postmoderne de l’art comme eloge de la fuite. Dans la salle obscure, le spectateur se coupe de la realite, il laisse les soucis, les angoisses, la lutte continuelle de sa vie quotidienne pour se donner l’extase d’un reve eveille. Les images qui defilent sur l’ecran, ces images qui nous emportent dans une courte hallucination, nous tirent dans un monde autre que le monde reel avec toutes ses miseres. Voir la delicieuse Julia Roberts dans Pretty woman dans sa condition de prostituee metamorphosee en femme du monde au bras d’un playboy richissime, c’est grisant. C’est un conte de fees, cela fait rever, rever celui ou celle qui se retrouve seul le soir, qui a du mal a se regarder dans le miroir et dont la vie est desesperement miserable et sans amour. C’est une douce ivresse et une evasion. Un roman peut jouer le meme role, inviter l’imagination du lecteur dans un autre monde, ou tout est plus juste, plus sense, un monde ou la cruaute est abolie, ou la noblesse du c? ur est recompensee. Ce que l’on trouve rarement dans le monde reel. On en dira autant du ravissement procure par la musique, de ces extases qui font que le temps d’un concert, on se sent transporte dans un autre monde, reconcilie avec toutes choses ; avant que la trivialite reprenne le dessus, que la concierge vous injurie pour avoir laisse la poubelle sur le palier, avant que l’on constate que la baignoire a une fuite et qu’il est impossible d’obtenir le plombier ! Bref, avant que la realite nous rattrape !! avec le poids de ses soucis, des ses urgences, et le tourbillon de ses luttes permanentes. Et quand la vie reelle est insupportable, on peut decider d’aller camper a demeure dans l’irreel passer sa vie au cinema, s’enfermer dans les livres, hanter les salles de concert. Il y a des auteurs qui ont mis cela en pratique pour en faire une regle de vie fondee sur l’eloge de la fuite. Kundera titre l’un de ses romans La Vie est ailleurs. Arthur Miller se donnait comme regle de vie la fuite devant la realite dans la recherche des formes du plaisir. C’est un lieu commun de la postmodernite nous avons besoin de rever et ce besoin trouve sa realisation dans l’art. Le titre du livre de G. Bachelard L’art de rever est un manifeste de notre temps. Nous n’avons aucun mal a regarder l’art comme une evasion toute notre culture de la consommation nous y encourage en permanence, elle qui exalte les fuites exotiques, les extases psychedeliques, les evasions romantiques, les sublimes delires de la science-fiction
 contre la laideur grise de la realite dans laquelle nous vivons d’ordinaire. Nous avons besoin d’un au-dela de la vie pour nous faire oublier la vie. Mais fuir la realite, n’est-ce pas la le signe d’un profond malaise installe au c? ur de la vie ? Cette representation de l’art n’a-t-elle pas un caractere nevrotique ? Le besoin de fuir la realite dans l’art n’est-il pas le symptome d’une sorte de maladie de la vie ? Les theses de Nietzsche sont sur ce point assez radicales. Dans un monde domine par la representation objective de la science, dans un monde ou la verite devient accablante, dans un monde ou le nihilisme montre son visage hideux, nous avons, dit Nietzsche, besoin de l’art pour nous sauver de la verite ». L’art masque la verite blessante du monde, il est le terreau d’illusions qui permettent a la vie de supporter sa propre realite. Nietzsche justifie l’art comme illusion en disant que sans illusion, la vie serait insupportable, l’illusion repondrait alors a une necessite de survie et l’art serait donc une sorte d’exutoire, permettant de conjurer les tendances du nihilisme. Notre monde postmoderne est-il a ce point malade qu’il ne puisse rechercher dans l’art qu’une compensation ? La these de Nietzsche trouve un prolongement remarquable dans les vues d’une autre psychologie du soupcon, celles de Freud l’artiste, comme le nevropathe cherchent l’un et l’autre dans l’art l’expression des fantasmes inconscients. La quete eperdue du desir sexuel n’obeit qu’au principe du plaisir qui gouverne les pulsions. Parce que le desir ne trouve pas de satisfaction dans la realite empirique, le sujet tend a compenser la frustration dans les marges, dans le reve. L’artiste, comme le nevropathe, s’etait retire loin de la realite insatisfaisante dans ce monde imaginaire », mais Freud dit tres etrangement, que l’artiste, par la creation peut reprendre pied dans la realite » ? , tandis que le nevropathe est condamne a rester dans la sphere privee de ses fantasmes, pour leur donner une satisfaction imaginaire. Il ne fait aucun doute que Freud ne remet pas un seul instant en question la realite empirique. Freud prend pour argent comptant la representation de la realite de l’attitude naturelle. C’est a partir de la qu’il pose son principe de realite en opposition avec le principe du plaisir. Il est clairement entendu que la realite insatisfaisante » est la seule realite et que la vie sociale n’est possible que si le nevropathe est ramene par les efforts de la civilisation » a s’y adapter. texte Il n’y gagnera pas le bonheur, mais au moins il sera mieux integre » au monde reel, a ses limites, a ses contraintes, ses violences, a son caractere definitivement insatisfaisant. C’est la dure experience vitale » de la realite qui oblige l’homme a apprendre a renoncer au desir, a comprendre que la realite est indifferente a ses desirs. Il faut donc hermetiquement separer le fantasme du monde onirique, etat de reve et son caractere hallucinatoire, de la vie pratique etat de veille reglee par les principes de la morale, l’autorite des lois. Il s’ensuit que la psychanalyse freudienne, a partir du principe de realite, considere la folie comme une deviance, ou meme une regression vers le mode de comportement domine par les pulsions inconsciente, pulsions qui ne connaissent qu’une loi, le principe du plaisir. L’interet que le nevropathe porte a l’art est donc ambigu en apparence, il semble y chercher la beaute, l’elevation et la grandeur, la celebration de la vie. Mais pour Freud, la beaute n’est qu’une prime de seduction ». L’interet esthetique est plus trivial les ? uvres d’art » sont les satisfactions imaginaires de desirs inconscients, tout comme les reves ». Ce qui sourdement nous attire dans l’art, ce qui attire le nevropathe vers l’art, c’est la liberation du principe du plaisir, l’effet de compensation imaginaire qu’il permet. La realite est decevante, la vie est frustrante, mais il y a l’art pour nous en delivrer pour nous permettre de rever, de satisfaire sur le plan imaginaire les desirs inconscients. L’artiste s’en tire mieux que le nevropathe, il peut compter sur la sympathie des autres hommes, etant capable d’eveiller et de satisfaire chez eux les memes inconscientes aspirations du desir ». Creer est pour lui une delivrance, car il peut sublimer ses pulsions, sous la forme d’une ? uvre et d’une certaine facon, il devrait alors pouvoir trouver le chemin » du retour a la realite, et etre plus adapte ». L’art, dans sa pratique, peut ainsi avoir fonction therapeutique de reeducation » a la realite » ! 2 Et bien, c’est contre cette realite » que l’art lui-meme s’est revolte ! Contre cette realite objective, cette realite auquel il ne faudrait que ce conformer sans la changer, parce qu’elle est habillee en costume cravate parce qu’elle allonge des chiffres et des statistiques en prenant des airs serieux et convenus, cette realite des technocrates epris d’ordre social, de productivite et de systeme. A bas le realisme petit-bourgeois et sa techno-science, vivre le surrealisme ! Comment s’est affirme en effet le surrealisme ? Par une opposition a toutes les conventions sociales, logiques et morales. Pour casser cette fausse coherence de la realite », le surrealisme a trouve son inspiration dans les puissances inconscientes de la vie, l’instinct, de desir et la revolte, parce qu’il cherchait, selon la definition d’ Yvan Goll la transposition de la realite sur un plan superieur ». Le plan artistique. La realite peut-etre elevee a sa majeste fondamentale, a ses dimensions cachees, de telle sorte que la Vie se trouve elle-meme, sans plus se chercher au-dela d’elle-meme l’au-dela, tout l’au-dela est dans cette vie ». Or, l’au-dela trouve dans cette vie, c’est son immanence radicale. A. Breton l’exprime tres clairement Tout ce que j’aime, tout ce que je pense et ressens, m’incline a une philosophie particuliere de l’immanence d’apres laquelle la surrealite serait contenue dans la realite meme, et ne lui serait ni superieure ni exterieure. Et reciproquement, car le contenant serait aussi le contenu. » Et cela veut nettement dire que si l’art a une quelconque valeur, c’est pour autant qu’il permette a la vie et l’intelligence de se rencontrer dans une ? uvre C’est dire si je repousse de toutes mes forces les tentatives qui, dans l’ordre de la peinture comme de l’ecriture, pourraient voir etroitement pour consequence de soustraire la pensee de la vie, aussi bien que de placer la vie sous l’egide de la pensee ». L’art doit pouvoir faire surgir un monde sous le detail le plus insignifiant, une profondeur inouie de la rencontre d’un papier dans le caniveau et d’une roue de bicyclette, d’un foulard qui tombe sous les pas d’un inconnu, un monde de coincidences, de rapprochements, de mysteres et de signes le surreel texte au c? ur du reel. La metapoesie en lieu et place de la perception de la soi-disant realite » pour s’eveiller a la perception et a la Realite, comme dirait Stephen Jourdain. Meme si la cause etait entendue et qu’effectivement nous n’avions plus d’autre interet pour l’art que le besoin d’aller dormir en fuyant la realite, il y aura toujours des artistes pour nous empecher de dormir, en nous renvoyant, comme une paire de gifles, les images insoutenables de cette realite dont nous ne voulons plus. Le peintre qui choisit de montrer l’abime de l’horreur des camps de concentration, l’ecrivain qui trempe sa plume dans le sang pour decrire page apres page ce qu’a ete l’ecrasement de la vie dans un regime totalitaire, ne cree pas pour offrir un gentil moyen d’evasion. Il y a des cris de revolte que nous avons besoin d’entendre pour nous sortir de la torpeur douillette de nos habitudes. L’art engage en ce sens, procede exactement a l’inverse de la recherche d’une fuite, d’un exercice parfois desespere de lucidite. Picasso n’a assurement pas peint Guernica pour proposer une sorte d’evasion, mais pour faire exploser sur la toile la violence de la guerre civile en Espagne. Le cinema, que l’on devalue communement en y cherchant seulement le di-vertissement, la possibilite de se de-tourner de la realite, a aussi cette vertu. Dans Il faut sauver le soldat Ryan, Spielberg ne menage personne et n’idealise rien, il ne fait pas l’apologie de la guerre et ne propose pas une esthetisation seduisante. Il ne donne pas a rever. Cette realite pathetique de la guerre elle est la, celle du champ de bataille, des soldats morts, des membres coupes, du sang repandu, des maisons detruites, des femmes et des enfants qui pleurent, du carnage. Celle de l’absurdite d’une mission ou on envoie une compagnie d’etre humains a l’abattoir pour sauver un homme. La scene du debut est a ras de terre, dans le champ de vision du soldat. On n’a pas le zoom panoramique pour contempler tout cela de loin. Le sang gicle de tous les cotes avec les eclats d’obus et les balles de mitrailleuse. Pour vous donner la nausee et vous vider de toute vision idealisee de la guerre, c’est radical. Si l’art etait seulement fait pour nous detourner de la realite, alors il faudrait beaucoup sabrer dans la creation artistique pour parvenir a ne conserver que le superflu pour continuer a croire que l’art est une forme d’evasion ! peut-etre justement sabrer ce qui est le plus representatif, et peut-etre meme eliminer l’essentiel de l’art contemporain. Ne retenir que le superflu reviendrait alors a croire que l’art et le divertissement ne sont qu’une seule et meme chose. Mais le divertissement et l’art n’ont pas la meme finalite, ni la meme origine. Le propre de la societe de consommation et le caractere le plus saillant de la postmodernite, resident la promotion du divertissement. La consommation fait de l’objet, un objet d’usage qui n’a qu’une duree ephemere, qui est jete, detruit assez vite apres avoir ete produit et consomme. Il est par essence rapidement obsolete, demode. A la difference, l’? vre d’art est creee pour s’installer, comme le dit Hannah Arendt, dans une immortalite potentielle, soustraite a la temporalite de la consommation, comme a la temporalite de l’action. Parmi les choses qu’on ne rencontre pas dans la nature, mais seulement dans le monde fabrique par l’homme, on distingue entre objets d’usage et ? uvres d’art ; tous deux possedent une certaine permanence qui va de la duree ordinaire a une immortalite potentielle dans le cas de l’? uvre d’art. En tant que tels, ils se distinguent d’une part des produits de onsommation, dont la duree au monde excede a peine le temps necessaire a les preparer, et d’autre part, des produits de l’action, comme les evenements, les actes et les mots, tous en eux-memes si transitoires qu’ils survivraient a peine a l’heure ou au jour ou ils apparaissent au monde, s’ils n’etaient conserves d’abord par la memoire de l’homme, qui les tisse en recits, et puis par ses facultes de fabrication ». L’art ne se range pas dans la categorie des objets qui alimentent le circuit de la relation entre les besoins vitaux et leur satisfaction sur le marche economique. Les oeuvres d’art sont d’emblee inscrites dans le champ de la Culture et ne sont pas redevables directement du domaine d’interet de l’homme vital. Des ? uvres d’art il faut dire, que, non seulement, elles ne sont pas consommees comme des biens de consommation, ni usees comme des objets d’usages mais elles sont deliberement ecartees des proces de consommation et d’utilisation, et isolees loin de la sphere des necessites de la vie humaine ». Il faut dire que nous vivons dans une societe qui a fait de la promotion du divertissement, non seulement une industrie prospere, mais qui entend aussi nous persuader qu’il est une forme de culture. Culture de masse. Tout ce qui est superficiel, leger, petillant, fluo, tout ce qui joue sur la derision, l’immediat, la mode, le jeu des images et les images du jeu, est tres postmoderne. L’art qui cadre donc le mieux avec le monde de la consommation, c’est l’art derisoire, l’art qui ne fait que jouer la provocation, qui cherche le gag, comme dans les pitreries bouffonnes de la publicite. Il est ainsi entendu, pour tous ceux qui ont ete soigneusement conditionnes par les valeurs de la societe postmoderne, que les artistes ne font que s’amuser ». Pour le telespectateur, il n’y a pas de difference entre ces jolies jeunes filles a peine pubere que l’on presente sur les plateau tele dans les emissions de variete, un micro a la main pour faire danser et se pamer de plaisir les moins de douze ans et un ecrivain ou un sculpteur de renom. On le dit. Ce sont tous les artistes » ! Ils sont la pour nous divertir » ! La preuve, ils passent a la tele ! Ils defilent en images a la tele, soumis aux memes lois que toutes les images. Ils sont aplatis dans les images et leur defile incessant. La tele, il faut que cela bouge sans cesse, comme les images oniriques du reve, la tele, cela marche d’autant mieux que cela ressemble a du reve, que cela permet de fuir la realite. Pour l’homme vital, y a-t-il une vie apres la tele ? Non. Le plaisir de la postmodernite sa culture ? c’est la vie coincee devant la tele, c’est-a-dire la vie qui reve la vie
 au lieu de la vivre. C. Les fetes du sensible et les noces du reel De ce point de vue, Platon n’avait donc pas tout a fait tort de se mefier des artistes quand il condamnait dans La Republique l’artiste pour son illusionnisme. La critique porterait a plein contre l’art commercial » qui est le notre aujourd’hui, l’art voue a la pure et simple consommation de masse. Cet art la n’est-il pas souvent un leurre donne en pature au peuple, au peuple qu’il faut nourrir avec du pain et des jeux ? 1 Par art Platon entend tout a la fois la creation divine, qui rassemble les manifestations variees de la Nature, et la creation humaine. Si la creation humaine est seulement un art de copier la Nature ; une copie, restera une simple imitation cherchant a reproduire les proportions et les couleurs de son modele. Mais la Nature fera toujours mieux que ce que l’art produit par simple imitation. Ou bien l’art est une maniere de creer des simulacres, comme une fausse porte peinte qui donne tellement une impression de verite, que l’on se dirigerait vers elle pour sortir. Le simulacre donne l’illusion de l’objet quand celui-ci ne peut-etre purement et simplement copie. Mais l’intention dans l’art de creer des illusions est encore plus discutable que celle de produire des imitations, car c’est l’intention de plonger le spectateur dans une representation qui n’est qu’un fantasme. Ce type d’art ne vise que le plaisir de seduire, de flatter, de plaire pour seulement distraire au moyen d’illusions qui remplacent la realite. Il est donc sophistique par essence. Ce n’est plus seulement du mensonge, c’est une volonte de de-tourner du reel, de dis-traire, de di-vertir dans un monde d’illusion le spectateur, l’irreel prenant alors le pas sur le reel. Il est assez evident que nous disposons aujourd’hui de moyens techniques extraordinaires de produire de l’illusion. Et c’est pourquoi la critique de Platon porte a plein sur nos productions postmodernes. Mais si justement, nous refusons de manger de ce pain la, de reduire l’art a une puissance de divertissement, si nous sommes d’accord pour reconnaitre a l’art une puissance d’eveil de notre sensibilite, alors nous verrons l’art pour ce qu’il est, un element essentiel de la Culture. texte L’art n’est certainement pas fait pour seulement procurer des illusions et une evasion hors de la realite. Puisque le mot realite » comporte une ambiguite, alors preferons lui un autre mot, la Vie. Dis autrement l’art n’est pas la pour nous detourner de la vie, mais au contraire, pour nous y ramener par le biais de sensibilite. Tel est le sens de la formule de Proust si mal comprise la vraie vie, c’est la litterature ». Ce n’est pas, comme on pourrait le penser, qu’il faille fuir cette vie qui est la notre pour nous refugier dans un autre monde abstrait et irreel qui serait celui des la litterature. Non, le travail de l’ecrivain est precisement de transporter dans le sensible la tonalite vivante et pathetique de la vie, lors meme que cette vie tend la plupart du temps a s’oublier sous le poids ecrasant de la realite ». Cette vie est identiquement la meme en l’ecrivain et en chacun de nous. Proust le formule ainsi La vraie vie, la vie enfin decouverte et eclaircie, la seule vie par consequent pleinement vecue, c’est la litterature. Cette vie qui, en un sens habite chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l’artiste. Mais ils ne la voient pas parce qu’ils ne cherchent pas a l’eclaircir ». Eclaircir, pour l’ecrivain, c’est ecrire et ecrire, c’est manifester cette vie invisible que chacun porte en soi en sorte que dans l’? uvre se rassemblent tout a la fois la sensibilite la plus haute et l’intelligence la plus deliee. Ce qui nous manque cruellement dans la soit-disant realite », dont on nous parle si souvent, cette realite qui n’est l’expression d’une vie qui manque de presence, cette vie dont la definition est si etroite, qu’elle ne tient comme le dit Proust, que dans ces buts pratiques que nous appelons faussement la vie ». Le travail de l’artiste, de chercher a apercevoir sous de la matiere, de sous de l’experience, sous des mots, quelque chose de different, c’est exactement le travail inverse » du mouvement qui nous detourne de nous-meme pour nous confiner dans l’ordre des objets dit reels ». Detourner » prend tout son sens quand il s’agit de savoir si oui ou non l’art est tourne vers la vie. Ce quelque chose » de si mysterieux, dont Parle Proust, que cherche a voir l’artiste, Michel Henry l’appelle la Vie. Et ce voir tres sensible de la Vie est l’essence meme de ce qui est rendu dans le style d’un ecrivain. Ainsi, le style pour l’ecrivain, aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de technique mais de vision ». Proust rejoint ici exactement ce que dit de l’ecrivain son exact contemporain Bergson ainsi, ceux qui ont le talent de l’ecrivain se replieront plutot sur eux-memes. Sous les milles actions naissantes qui dessinent au dehors un sentiment, derriere le mot banal et social qui exprime et recouvre un etat d’ame individuel, c’est le sentiment, c’est l’etat d’ame qu’ils iront chercher simple et pur». En cela l’ecrivain rejoint par la musique de son style, le travail de ceux qui sont musiciens. Des musiciens, Bergson dit que Sous ses joies et ces tristesses qui peuvent a la rigueur se traduire en paroles, ils saisiront quelque chose 
 certains rythmes de vie et de respiration qui sont plus nterieurs a l’homme que ses sentiments interieurs, etant la loi vivante, variable avec chaque personne, de sa depression et de son exaltation, de ses regrets et de ses esperances. En degageant et en accentuant cette musique, ils l’imposeront a notre attention, ils feront que nous nous y insereront involontairement, comme les passants qui entrent dans une danse. Et par la, ils nous ameneront a ebranler aussi, tout au fond de nous, quelque chose qui attendait le moment de vibrer ». La musique est presentee par Bergson comme l’art le plus intime, car lie a l’ecoulement interieur du vecu depouille de toute representation, l’ecoulement de cette vie qui est toute entiere dans l’epreuve immanente de soi en chacun de nous. En deca de tout visible, en deca de toute representation est la Vie qui cohere avec soi, cette Vie dont la tonalite pathetique nous est si bien rendue par la puissance, la beaute, la douceur, la gravite, la joie vivante de la musique. Ce n’est pas par hasard et ce n’est pas pour rien que l’on parle de petite musique » reconnaissable dans le style d’un ecrivain. Il y a une musique reconnaissable entre toute, dans le style de Giono et cette musique n’est pas la musique du style d’Albert Cohen, de Sylvie Germain, de Saint-Exupery, de Rousseau, de Rabindranath Tagore, d’Herman Hesse ou de Balzac. Il ne faut que quelques page de lecture d’un roman pour se rendre compte assez vite si oui ou non nous avons affaire a un ecrivain, car la musique du style sera la. Quand elle n’y est pas, il peut y avoir des informations, un jeu de divertissement, mais ce n’est pas vraiment de l’art. C’est le genre de livre que l’on lit un jour et qui est immediatement oublie le lendemain, qui ne laisse rien parce qu’il n’y a pas cette vibration secrete de la Vie dans un style, cette vibration qui est au c? ur de l’art qui seule est capable de nous toucher vraiment. Mais etre touche, etre touche au fond de soi, etre bouleverse durablement, n’est-ce pas cela qui est essentiel dans notre rapport direct ou indirect a la Vie ? Dans notre rapport direct ou indirect avec l’essence meme de la realite ? Dans notre eveil ? Il y a dans les textes de Stephen Jourdain des indications remarquables dans ce sens. Dans Voyage au centre de soi, au chapitre VII, intitule l’exigence de l’ecriture, il dit ceci de sa propre vocation d’ecrivain Je n’exerce pas un sacerdoce, je ne remplis pas une mission. Et surtout, je ne transmets pas d’information. Ici sur Terre, ca va mal. Pampas et cornemuses excisees, defilent devant les ambassades. L’oiseau piaille, les mots devoyes pissent l’information. Il n’est plus d’ecrivain. Rien ne m’est plus etranger que la notion d’utilite. Asservir ’ecriture a une fonction, serait-ce celle de faire jaillir dans mon semblable l’etincelle de l’eveil, equivaudrait a mes yeux a detourner a mon profit – et l’ecriture et l’eveil. On ne communique pas un secret, on l’exprime dans un chant ». C’est l’art lui-meme qui est designe ici a travers l’ecriture comme pure expression d’un chant en dehors de toute utilite et de toute volonte d’adequation a la realite » convaincante des faits et des chiffres. Reciproquement, le voyage dans la lecture n’a pas non plus a etre asservi a une utilite, ni a une stricte adequation a la realite. Le voyage dans la litterature est une rencontre qui s’atteint dans la commotion interieure qu’en nous l’ecrivain provoque. Cette commotion que secretement tout lecteur recherche est eveil. Il y a une relation subtile entre l’art et l’eveil, entre l’eveil de la sensibilite et l’eveil tout court. Pour cela, il n’est peut-etre pas indispensable de s’interesser a la litterature. Mais enfin, le terrain doit etre prepare, le jardin cultive, la sensibilite eduquee
 On ne peut meconnaitre l’importance de la culture au sens le plus profond du terme». Ce qu’il dit ensuite est assez etonnant. Meme si la litterature participait a un certain degre au sommeil et a l’illusion, il reste que l’on ne peut bien s’eveiller que si on sait correctement rever ! Bien sur, la litterature, Rimbaud, Proust et tutti quanti participent aussi de l’hallucination et du sommeil ; mais c’est une bonne facon de rever. Et l’on ne saurait s’eveiller si l’on reve mal ». C’est encore la meme lecon, la preparation de la sensibilite est essentielle pour qu’au sein de la fete du sensible l’esprit rencontre le Reel. Ce que nous oublions toujours, c’est que la donation du Reel est a chaque instant presente dans la donation vivante du present. S’il est une mission de l’art, expliquait Bergson, c’est bien de rendre cette donation plus accessible. Quand je me rends dans un musee, et que je m’arrete devant une splendide buste d’un bouddha souriant, si je suis reellement saisi par le rayonnement, la presence de la statue, je ne vais pas pour autant me mettre a rever pour m’evader de la realite, pour la bonne et simple raison que la statue dont le mystere m’enveloppe, que cette statue est la realite. Le reel est ce qui est toujours-deja la et jamais ailleurs. Le Reel est toujours-deja la de maniere intemporelle. Si la Realite est intemporelle, l’art, en tant qu’expression de la Realite est egalement intemporel. * * * La question de savoir si l’art nous detourne ou pas de la realite est une question piegee, car elle presuppose la reference a une realite » indubitable qui n’est aucunement mise en question. Il faudrait d’abord savoir ce qu’est la realite avant de se demander en quoi l’art peut oui ou non nous en detourner. Ce qui est bien actuel dans cette question, c’est sa resonance dans la culture postmoderne axee sur le divertissement. Aujourd’hui, l’opinion selon laquelle l’art a pour fin une evasion est a ce point recue que, meme parmi les specialistes de l’art, il est admis que l’art repond a une quete evasive de l’ailleurs. Cette idee est martelee dans les media, repetee immediatement et sans reflexion par le lyceen qui doit composer sur l’esthetique et l’etudiant qui fait de l’histoire de l’art. C’est un sous-entendu qui fait echo au monde ambiant la realite, elle nous ennuie, elle nous deprime, elle nous agresse. Alors, tous les moyens sont bons pour fuir dans un ailleurs plus agreable. Au fond entre la drogue et l’art pas de difference, le but, c’est de s’eclater » dans une ailleurs. Et finalement, l’art, cela sert a cela, autant dans la creation, que du point de vue de la contemplation. Il y a heureusement des esprits assez perspicaces pour avoir compris que l’art, loin d’etre le vehicule de la fuite, pouvait etre ce pas de danse qui nous emporte et nous ramene au sein du Reel. La ou nous sommes. Au sein de la Vie, de sa Joie d’etre et de ses souffrances, de son eternel jeu avec elle-meme et son experience pathetique.
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Cest cette dimension que L’avenir d’une illusion se propose d’explorer. Prenant pour titre celui d’un ouvrage du cĂ©lĂšbre psychanalyste autrichien Sigmund Freud publiĂ© en 1927, cette exposition rassemble un corpus d’oeuvres trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšnes, mais qui ont toutes en commun de mettre en doute les convictions les plus intimes de tout ĂȘtre humain.
Plan du site Contact en bref aide les Ă©lĂšves de terminales dans la prĂ©paration du bac, les Ă©lĂšves de classes prĂ©pa dans celle de leur concours, ceux de fac dans leurs recherches, et enfin tous les curieux de sciences humaines Ă  Ă©tancher leur soif de savoir. Le site couvre ainsi les grandes traditions philosophiques, des prĂ©socratiques aux philosophes contemporains, tout en essayant d’apporter une lecture philosophique au champ culturel en gĂ©nĂ©ral, qu’il s’agisse de cinĂ©ma, de littĂ©rature, de politique ou de musique. Qui sommes-nous? Depuis 2008, agit pour la diffusion de la tradition et des grandes pensĂ©es philosophiques. IndĂ©pendant, le site est maintenu par une Ă©quipe d'anciens Ă©tudiants en sciences humaines, aujourd'hui professeurs ou journalistes. Les colonnes du site sont ouvertes aux contributions externes. Julien Josset, fondateur du site. Qu’est-ce que la philosophie*? Etymologiquement, philosophie signifie amour de la sagesse. Avant d’ĂȘtre une discipline d’étude, il s’agit avant tout d’une certaine maniĂšre de voir le monde, de le questionner. Le principe fondateur de la philosophie est sans doute ainsi l’étonnement, qui provoque et suscite le questionnement. Ensuite, philosopher consiste Ă  argumenter de maniĂšre rationnelle sur son Ă©tonnement. * Nous avons publiĂ© plus de 800 articles, tous cherchant directement ou indirectement Ă  rĂ©pondre Ă  cette question. Sachez avant tout qu’il n’existe pas de rĂ©ponse unique Ă  cette question. Principaux Philosophes Socrate, Platon, Aristote, Epicure, Descartes, Machiavel, Spinoza, Hobbes, Rousseau, Montesquieu, Kant, Schopenhauer, Hegel, Nietzsche, Marx, Freud, Sartre, Heidegger, Thomas d’Aquin, Leibniz Oeuvres Majeures
LArt et l'illusion E. H. Gombrich (Auteur) Guy Durand Poser une question au vendeur. CaractĂ©ristiques Voir tout Date de parution. octobre 1996 . Editeur. Gallimard. Format. 17cm x 24cm . Nombre de pages. 404 . Prix standard 50,73 € En stock vendeur partenaire. Livraison Suivie : 3,99 € Livraison Ă  votre domicile avec suivi de votre livraison LivrĂ© entre le 26/08 et le
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DĂ©comurale d'artistes indĂ©pendants sur le thĂšme Tout Est Une Illusion. Impressions photo, mĂ©talliques, sur toile, encadrĂ©es, posters et affiches, tentures et +. Art of Illusion est un programme gratuit pour la conception d'images et de modĂšles 3D qui peuvent par la suite ĂȘtre utilisĂ©s pour crĂ©er des animations. Il a Ă©tĂ© composĂ© en Java, donc un des avantages de ce programme est la possibilitĂ© de l'exĂ©cuter sur n'importe quel systĂšme d'exploitation. La version standard inclut de nombreux outils et une tonne de possibilitĂ©s pour la modĂ©lisation et la crĂ©ation de textures et matĂ©riaux. Les fonctionnalitĂ©s du programme peuvent Ă©galement ĂȘtre amĂ©liorĂ©es Ă  l'aide de plugiciels. Il inclut des extensions trĂšs intĂ©ressantes qui vous laisseront notamment concevoir des plantes et des arbres ou exporter vos fichiers sous plusieurs formats diffĂ©rents. Les crĂ©ations peuvent ĂȘtre sauvegardĂ©es sous JPEG, PNG ou TIFF et les animations peuvent ĂȘtre sauvegardĂ©es sous le format QuickTime. .
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